Le juge d’instruction près la Cour suprême a ordonné hier la mise sous contrôle judiciaire de l’ex-wali d’Alger, Abdelkader Zoukh. Il a été auditionné dans le cadre d’une enquête liée à des affaires de corruption.

C’est le quatrième ancien haut responsable de l’Etat à subir ce sort, après avoir été cité dans les enquêtes préliminaires menées par la Gendarmerie nationale, dont les dossiers étaient transférés au parquet général près la Cour d’Alger. Après l’avoir entendu, cette juridiction a aussitôt transmis son dossier au procureur général près la Cour suprême. Abdelkader Zoukh a comparu hier devant le juge d’instruction près la Cour suprême qui a décidé de le mettre sous contrôle judiciaire. Karim Djoudi et Amar Tou, respectivement ancien ministre des Finances et ex-ministre des Transports, auditionnés dimanche par la même juridiction, ont subi le même sort qu’Abdelkader Zoukh. Tout comme Abdelghani Zaâlane qui a été mis lui aussi sous contrôle judiciaire, la semaine dernière, à l’issue de son audition.
Quant à l’actuel wali d’El Bayadh, Mohamed Djamel Khanfar, auditionné lui aussi, hier, par la juge d’instruction près la Cour suprême dans le cadre de l’affaire Ali Haddad, il a été relaxé à l’issue de sa comparution étant donné que les faits étaient ultérieurs à son arrivée à la tête de la wilaya.
La semaine dernière, le juge d’instruction près la Cour suprême avait ordonné le placement des deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que l’ancien ministre du Commerce, Amara Benyounes en détention provisoire à la prison d’El Harrach à Alger.
Il est attendu que la Cour suprême observe un répit dès demain, le temps que la procédure de levée de l’immunité parlementaire enclenchée à l’encontre de Boudjemaâ Talaï et de Amar Ghoul puisse aboutir. Cette procédure est un préalable réglementaire à l’ouverture d’une instruction à l’encontre des parlementaires siégeant dans les deux chambres du Parlement. La même procédure a été enclenchée à l’encontre de Saïd Barkat et de Djamel Ould Abbès, recyclés dans le tiers présidentiel du Sénat après la fin de leurs fonctions en tant respectivement ancien ministre de l’Agriculture et ex-ministre de la Solidarité nationale. Ces derniers ont décidé de se désister d’eux-mêmes de leur immunité parlementaire.

Mourad Oulmi sous mandat de dépôt
Par ailleurs, tard dans la soirée de dimanche à lundi, le juge d’instruction près la Cour d’Alger a décidé de mettre le patron du groupe Sovac, Mourad Oulmi, sous mandat de dépôt. Son frère a en revanche quitté le tribunal de Sidi M’hamed à l’issue de son audition dans la même affaire. Pour rappel, le patron du Groupe Sovac, Mourad Oulmi, et son frère, ainsi que d’anciens et actuels responsables ont comparu dimanche devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed dans des affaires de corruption. Parmi les responsables convoqués pour audition dans cette affaire, figurent notamment l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, ainsi que des cadres du ministère de l’Industrie et des responsables de banques et d’entreprises économiques. Ces responsables sont impliqués dans des affaires liées à la dilapidation de deniers publics, abus de fonction et attribution d’indus privilèges.
Cinq responsables du ministère de l’Industrie et l’ancien PDG du CPA en détention préventive Outre la mise sous mandat de dépôt du patron du groupe Sovac, ces auditions ont donné lieu à la mise en détention préventive de cinq responsables du ministère de l’Industrie et des mines et de l’ancien P-DG du Crédit populaire algérien (CPA). La mise en instruction du dossier Sovac devrait se poursuivre dans les jours à venir.
Selon des indiscrétions, d’autres dossiers devraient atterrir également à la Cour d’Alger dans les jours à venir, puisque d’autres patrons de grands groupes industriels étaient également convoqués par la brigade spécialisée de la Gendarmerie nationale. Certains d’entre eux étaient mis sous ISTN (Interdiction de quitter le territoire national) en attendant la fin des enquêtes préliminaires menées par les mêmes services.