Les initiatives pour trouver des solutions de sortie de crise et répondre au mieux aux revendications populaires se multiplient. Après la conférence nationale, organisée par la société civile le samedi 15 juin, l’organisation d’une autre conférence nationale est annoncée pour le 29 juin prochain par une autre organisation de la société civile dénommée «Tribune des élites dans le Hirak populaire».
Pour l’heure, la «Tribune des élites dans le Hirak populaire», née au lendemain de la contestation populaire du 22 février dernier, poursuit ses réunions ainsi que sa démarche de concertation avec d’autres organisations, syndicats, associations et toute autre partie se sentant impliquée dans la recherche de solutions de sortie de crise du pays, avons-nous appris auprès de l’un des initiateurs de la «Tribune des élites pour le Hirak», Sofiane Sekhri.
La «Tribune des élites dans le Hirak populaire» multiplie donc les contacts en vue d’aller vers une conférence nationale (ou congrès ou encore sommet, l’appellation n’est pas encore tranchée), au cours de laquelle il est prévu que soit présentée une plateforme commune de la société civile.
Dans ce contexte, il y a déjà eu un bon nombre de rencontres préparatoires qui ont vu la présence de plusieurs syndicalistes des syndicats autonomes (notamment ceux des secteurs de la santé et de l’éducation nationale), d’acteurs de la société civile, ainsi que des professeurs universitaires, dont des économistes, des sociologues, des politologues et des spécialistes de droit, dont la spécialiste en droit constitutionnel Fatiha Benabbou. Ces rencontres ont vu également la participation de nombre de personnalités, dont l’ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour et l’ancien ministre et ancien diplomate Abdelaziz Rahabi, selon M. Sekhri, docteur en sciences politiques et professeur universitaire.
«Beaucoup de rencontres sont en train d’être organisées par des acteurs de la société civile sauf que bon nombre d’entre elles ne sont pas médiatisées», a fait savoir notre interlocuteur. «Depuis le début du Hirak, nous travaillons pour trouver et proposer des solutions, contrairement au discours officiel qui estime que la société civile n’a rien proposé. Actuellement, il a un travail intensif qui s’effectue, il y a beaucoup de propositions, de plateformes, et tous les efforts des uns et des autres contribueront à bien organiser la prochaine conférence nationale ou le congrès pour la mise au point d’une plateforme nationale unifiée».
«Nous avons déjà organisé de grandes réunions, mais nous nous attelons à préparer une plus grande, une sorte de congrès ou de sommet. Nous n’avons pas encore choisi le nom, mais nous voulons une appellation différente de « conférence nationale » proposée par le pouvoir. Nous prévoyons la présence de nombreux professeurs universitaires, d’étudiants, d’acteurs de la société civile, ainsi que des syndicats, associations et autres organisations, car nous avons l’intention de préparer une plateforme nationale pour déterminer les grands axes et la feuille de route de la phase de transition, ainsi que les conditions de l’organisation d’une élection présidentielle transparente», a déclaré M. Sekhri.
Il poursuivra, en ajoutant que même les partis politiques sont conviés à la grande rencontre du
29 juin, avec, cependant, la précision que ne sera acceptée que la participation des partis de l’opposition et non ceux de l’allégeance. «Tout ce monde va se regrouper pour produire une seule plateforme qui gérera la prochaine étape pour pouvoir aller, ensuite, vers l’élection présidentielle». Notre interlocuteur fera savoir que la plateforme élaborée s’articule autour de trois axes. Le premier définit «les principes de la plateforme», le second «les objectifs de la plateforme» et, enfin, le troisième «les mécanismes de la transition démocratique et du consensus». Ce ne sont là que les axes majeurs de la plateforme qui reste, cependant, ouverte pour le moment. Notre interlocuteur explique que lors des réunions passées et à venir, qui restent riches en débats, les participants émettent des observations et des critiques qui sont prises en considération pour améliorer et enrichir la plateforme proposée jusqu’à arriver, autant que faire se peut, à une plateforme consensuelle.