Mohamed Laïd Benamor, patron du groupe Amor Benamor, a été plébiscité, en septembre 2014, a pris les commandes d’une Caci amorphe ou presque. Ce succès, il n’a pas pu le rééditer, ce samedi 15 juin, à l’occasion de l’assemblée élective de l’institution. Il a été battu par Gouri Abdelkader, président de la Chambre de commerce d’Oued Souf, par 66 voix contre 65.

Aux dires de beaucoup, cette défaite était dans l’air car le président sortant, appartenant au FCE, aurait mauvaise presse et perdu en crédibilité dans l’Algérie de l’après-22 févier. Certains estiment qu’il aurait profité, comme beaucoup d’autres membres de l’organisation patronale, de largesses de l’exécutif sous l’ère de Bouteflika. Et quand le bateau du FCE a commencé à vaciller, Benamor a été le premier vice-président à le quitter. Son bilan est un échec monumental.
Il n’a pas réussi à remettre sur la bonne voie la Caci, dans une période où l’économie du pays en a le plus besoin. Il a fait beaucoup de promesses mais peu de résultats tangibles. Mohamed Laïd Benamor fait partie de ceux qui estiment que l’accroissement des investissements est tributaire de l’assainissement du climat des affaires en Algérie, c’est logique, mais était-ce du domaine du réalisable ? En théorie, il voulait faire changer les choses et s’inscrire dans cette nouvelle dynamique, avec, entre autres priorités, la mise au point d’une cartographie économique nationale devant permette d’offrir une meilleure visibilité aux investisseurs. Le travail avait commencé pour développer une cartographie économique région par région, permettant de présenter à l’investisseur étranger le potentiel que recèle chacune d’elles. La présidence de la CACI avait, en fait, l’objectif de faire mettre en œuvre tout ce qui peut développer l’attractivité. L’institution avait essayé de jouer son rôle de transmettre les préoccupations des entreprises au niveau des pouvoirs publics et d’œuvrer pour la stabilité législative pour donner plus de confiance aux binationaux et étrangers. Le tableau était joli à voir pour les observateurs.
Il ne l’est plus aujourd’hui, confronté à la réalité. Aujourd’hui, son successeur est devant une situation où il repart à zéro, ou presque, vu les défis auxquels il sera confronté, à plus forte raison dans un contexte économique tendu. Gouri Abdelkader doit restaurer la confiance dans l’institution ainsi que celle des investisseurs. Avec la contribution des opérateurs économiques, il doit également atténuer les retombées économiques de la crise financière. Mais pour introduire plus de souplesse dans la CACI et la remettre sur les rails, son nouveau président veut modifier son statut. S’agit-il de lui conférer plus de prérogatives ? La Caci assure aujourd’hui la représentation de l’Algérie dans les foires et autres manifestations économiques officielles se déroulant à l’étranger. Elle donne son avis sur les conventions et accords commerciaux liant l’Algérie à des pays étrangers. Les conditions d’ouverture et les modalités d’organisation et de fonctionnement de ces bureaux sont précisées par voie règlementaire. L’institution intervient dans l’administration ou la gestion des établissements caractère commercial, industriel et de services, tels que des écoles de formation et de perfectionnement, des établissements de promotion et d’assistance aux entreprises, des établissements de soutien à ces activités, et des infrastructures à caractère commercial et industriel notamment les magasins généraux, les zones industrielles…