Le nouveau président de la CACI, Abdelkader Gouri, est un opérateur connu de la région de Oued Souf, dont il est natif. Ancien dirigeant de la chambre de commerce locale, il est identifié dans les milieux d’affaires de la région comme un chef d’entreprise spécialisé dans la fabrication de tentes à partir de la toile de jute importée du Pakistan. Il est connu également pour être dans l’immobilier et la construction de bungalows et comme acteur important dans l’industrie du loisir. Gouri Park, un parc de jeux et d’attractions de plusieurs centaines d’hectares, est sa propriété.
L’aéro-club porte également sa marque de fabrique. L’industriel de 52 ans, père de quatre enfants et ancien fonctionnaire au-chef-lieu de wilaya chargé de la sécurité, intervient dans divers secteurs économiques.
A la chambre de commerce de Oued Souf, il a réussi à se faire élire pour deux mandats successifs, ce qui dénote de son ancrage dans cette région, réputatée commerçante et entreprenante. De lui, on pourrait dire qu’il est une figure importante, voire centrale de l’économie « soufie » avec ce rayonnement national qui lui a permis aujourd’hui d’occuper la tête de la CACI après avoir été victorieux au vote qui l’a opposé à son ancien chef, Mohamed-Laid Benamor.
Cependant, par rapport à ce dernier, il présente quelques différences que certains considèrent comme d’éventuelles faiblesses à corriger durant son mandat au sommet de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie. Si Laid Benamor est connu par une présence médiatique sans précédent, Abdelkader Gouri arrive à la CACI avec la réputation d’être un « inconnu » des milieux d’affaires algériens.
Le premier est un poids lourd du Forum des chefs d’entreprises (FCE), le second n’en est pas membre, affirme-t-il. Le premier est un « communicant » et un débatteur des questions économiques et d’entreprises en Algérie et à l’étranger, où il a été pratiquement à tous les grands rendez-vous de discussions en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, là où l’ont mené par exemple ses doubles missions de vice-président du FCE et de président de la CACI. Le second n’est pas perçu comme une personnalité d’opinion et on l’a peu vu et entendu durant ses deux mandats à la Chambre de commerce de Oued Souf.
Cette comparaison s’arrête là car, aussi exposé qu’il était, Mohamed-Laid Benamor a quitté la CACI avec un bilan mitigé : certes la « chambre » est devenue plus médiatique et suscitait l’intérêt de l’opinion, mais de nombreux chantiers annoncés n’ont pas été bouclés. Ni la cartographie des territoires économiques du pays n’a été établi, ni la réforme des statuts de la CACI n’a pu être menée jusqu’au bout. Et c’est peut-être sur ce dossier que Abdelkader Gouri, son vainqueur, pourrait faire la différence, lui dont la campagne a été axée essentiellement pour le changement du statut des CCI de wilayas pour leur permettre de se libérer des carcans bureaucratiques dont elles souffrent.
«J’ai conscience de la difficulté de la tâche qui m’attend à la CACI, je sais aussi quels efforts ont été menés par mon prédécesseur, mais je ne crains pas les défis», a-t-il déclaré à Reporters à l’issue de sa victoire au vote. Il dit être en mesure d’«intervenir sur deux fronts» : «conduire mes propres projets d’affaires et d’investissement – et j’en ai beaucoup à réaliser – et de m’entourer de compétences pour faire atteindre à la CACI les objectifs qu’elle s’est fixée pour son développement». A bon entendeur.