C’est un véritable SOS que lance le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo). Il appelle à la mise en place de mesures urgentes qui garantiraient aux pharmaciens l’exercice en toute sécurité de leur activité et une meilleure organisation de la vente et de la circulation des médicaments classés comme psychotropes et stupéfiants.

Après l’alerte, lancée à travers la grève nationale organisée il y a quinze jours, le Snapo est de nouveau monté au créneau en lançant une campagne d’information et de sensibilisation de ses adhérents autour du thème portant sur les aspects juridiques et réglementaires de détention et de dispensation des médicaments psychotropes par les pharmacies d’officine.
Hier, la direction nationale du Snapo s’est déplacée à Tizi Ouzou où elle a réuni ses adhérents de la wilaya qui ont fait part de l’urgence de changer les lois relatives à la vente des médicaments psychotropes et qui sont vécues, actuellement, comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes. Auparavant, le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine a appelé les ministères et services concernés à prendre des mesures « urgentes », à même de garantir aux pharmaciens l’exercice de leur activité « en toute sécurité » et les protéger contre les actes de violence émanant de personnes dépendantes aux psychotropes. Ils ont appelé aussi à mettre fin au vide juridique dû à la non-actualisation des textes relatifs à la vente des psychotropes et de leur distribution en pharmacie. Déplorant des agressions physiques, quelquefois mortelles, contre des pharmaciens par des délinquants et des condamnations de pharmaciens pour des affaires de vente de produits connus comme substance psychotrope, Messaoud Belambri, président du Snapo, regrette l’incongruité juridique qui caractérise la situation de ces médicaments, listés dans une nomenclature portant 120 produits pharmaceutiques classés comme psychotropes. Mais ô paradoxe, non publiée au Journal Officiel. « Une liste répertoriée de 120 médicaments classés comme psychotropes et stupéfiants mais non opposable devant les juridictions car non encore publiée au Journal Officiel », déclare M. Belambri, qui annonce qu’une conférence nationale se tiendra en septembre prochain. Une rencontre qui réunira tous les intervenants concernés (justice, services de sécurité, médecins, et bien sûr les pharmaciens) et qui permettra de trouver les solutions adéquates pratiques et juridiques adéquates.<