La ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables Fatima Zohra Zerouati a préféré l’ambiance douillette de la distribution des prix et des cadeaux aux établissements pénitentiaires, lauréats du concours portant sur l’écologie au niveau de Koléa, au lieu d’aller s’enquérir des massacres commis par les carrières sur le mont Chenoua et des méfaits de la pollution du CET Hamici dans les communes de Fouka et Douaouda qui maintiennent, mobilisés dans la rue, des centaines de citoyens depuis des semaines.

Elle a, en effet, présidé, jeudi en catimini, la cérémonie de clôture du programme de formation et de sensibilisation sur les problèmes de l’environnement, organisée dans les établissements pénitentiaires en compagnie de responsables de la wilaya qui se sont bien gardés d’annoncer la visite à l’avance. L’établissement pénitentiaire de Koléa, apprend-on, a remporté le prix de la meilleure institution écologique du secteur. Accompagnée du wali Mohamed Bouchema, la ministre a effectué la visite sans la présence de la presse privée, devenue indésirable et exclue depuis le début de la révolte populaire contre le pouvoir en place. Les visites ministérielles se déroulent dans la discrétion la plus totale en compagnie des journalistes de la presse publique, à savoir l’APS, la TV publique et la radio locale, ce qui semble convenir aux responsables locaux qui ne veulent pas faire de vagues et attirer l’attention sur eux de peur d’être hués, voire même vilipendés par la population qui exige un changement de personnel politique et de mœurs dans la gestion locale. La cérémonie a eu lieu en présence du directeur général de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion, ainsi que du Procureur général du conseil de la magistrature de 9 établissements pénitentiaires qui ont participé au concours de projets environnementaux, organisé dans le cadre d’un accord de partenariat entre le secteur de l’environnement et celui de la justice, apprend-on sur la page facebook de la wilaya. Il faut rappeler que la seule réaction de la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, à propos du massacre des exploitants de quatre carrières au niveau du mont Chenoua et les méfaits liés aux émanations d’odeurs nauséabondes du CET de Hamici (daïra de Zéralda), qui a provoqué l’ire des citoyens de Fouka et Douaouda, qui ont organisé plusieurs manifestations de rue, a eu lieu lundi à Alger en marge des travaux d’une journée d’évaluation de la lutte contre la pollution, organisée dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l’environnement. La ministre se félicitait de la fermeture de plusieurs carrières dans la région de Chenoua « en raison des dangers qu’elles représentent sur l’environnement et les agglomérations avoisinantes ». Selon ses propos, « cette décision de fermeture a été prise suite aux rapports des inspecteurs et compte tenu des réclamations des citoyens ».
Concernant les réclamations des citoyens relatives aux mauvaises odeurs dégagées par le Centre d’enfouissement technique (CET) de Hamici à Alger, la ministre a annoncé qu’un audit sera lancé cette semaine pour faire le point sur les défaillances à l’origine de ces odeurs. L’audit permettra, également, de lancer une opération de recyclage de déchets dans ce centre.