Douze cinéclubs algériens et douze tunisiens participent, jusqu’au 18 juin, à une formation de cinq jours dans le cadre du programme « Ciné Fabrika » qui se déroule au Centre culturel international de Hammamet et à la maison de la Méditerranée pour la culture et les arts en Tunisie. Soutenu par le réseau des écrans arabes alternatifs (NAAS), cette manifestation est co-organisée par la Fédération tunisienne des cinéclubs et par «Dima Cinéma», une structure qui a pour objectif de soutenir des initiatives cinématographiques en Algérie.
Selon les organisateurs, cette formation a pour objectif, d’une part, d’aider les différents participants à parfaire leurs pratiques en matière de gestion des ciné-clubs, et d’autre part, de créer des passerelles entre eux à travers l’échange d’expériences avec pour optique la création d’un réseau de cinéclubs effectif entre l’Algérie et la Tunisie, afin de dynamiser l’espace cinématographique dans les différentes régions des deux pays. Ainsi, après une première rencontre entre les cinéclubs, organisée lors de la précédente édition des Rencontres cinématographiques de Béjaïa qui avait réuni une dizaine de cinéclub actifs sur le territoire national, cette deuxième rencontre en
Tunisie pose un nouveau jalon dans le renforcement du maillage des cinéclub.
Toutefois, Laila Aoudj, directrice artistiques des Rencontres cinématographiques de Béjaïa (RCB) et également membre organisatrice de l’évènement du côté algérien, nous précise que «Ciné Fabrika » est « une initiative indépendante de la rencontre de l’an dernier lors des RCB, mais il était évident de diffuser l’appel à candidature de ce programme, non seulement au sein des cinéclubs présents à cette rencontre, mais aussi ouvert à d’autres cinéclubs algériens et tunisiens qui n’ont pas eu la chance d’être présents. Ce qui nous a permis d’avoir un joli panel de participants ».
Il est à noter que le programme comporte deux sessions. La première, de cinq jours, se clôturera le 18 juillet prochain à Hammamet et la deuxième est prévue pour le mois d’octobre, le lieu sera communiqué prochainement. Le premier jour de cette formation, qui a débuté vendredi passé, a été marqué par une intervention de Nejib Ayad, directeur des Journée cinématographiques de Carthage (JCC) autour de la thématique «mouvement des cinéclubs et genèse de la cinéphilie en Tunisie et en Algérie». Le deuxième jour a été essentiellement axé autour des questions «Quel cadre juridique choisir pour son cinéclub ? Quel modèle économique ? Quels sont les objectifs ? » .
Leïla Aoudj ajoute que différents ateliers seront animés durant cette formation pour aider les participants «à améliorer l’aspect communicationnel lorsqu’ils organisent des projections/débats. Les participants bénéficieront également de séances de travail sur le cadrage, le point de vue et de l’analyse filmique ». Elle précise à propos des objectifs principaux de cette formation : «Le premier, c’est le renforcement des capacités et la mise en réseau de manière effective des cinéclubs entre eux. Le deuxième, c’est l’élaboration d’un guide de « bonnes pratiques » des cinéclubs algériens et tunisiens qui servira de base pour les nouvelles initiatives ou même pour celles qui existent déjà. Ce sera une manière de rendre les résultats de ce programme plus tangibles».
A propos des cinéclubs algériens participant à cette formation à Hammamet, notre interlocutrice explique qu’un formulaire d’inscription en ligne a été diffusé ainsi que quelques entretiens téléphoniques, quand cela était nécessaire, afin d’apprécier les motivations des postulants. C’est la partie algérienne, en l’occurrence Dima Cinéma, qui s’est attelée à la sélection des cinéclubs algériens. « Nous avons donc choisi en fonction de la régularité des cinéclubs, mais aussi, essayé de faire participer de différentes zones du pays (Alger, Djelfa, Setif, Béjaïa, Tlemcen, Tizi Ouzou, Tipasa, Annaba, Boumerdès…) » Elle confie dans ce sillage qu’« à notre grande surprise, sur 102 candidatures, nous avons reçu 62 candidatures de cinéclubs algériens, nous ne pouvions malheureusement en sélectionner que 12 mais cela révèle assez bien l’ébullition et la soif d’art qu’il y a actuellement chez nous ». n