La fin de saison footballistique en Algérie signifie large revue d’effectif. Surtout pour les clubs qui n’ont rien gagné. Même quand ils sont endettés. Les présidents enrôlent des joueurs à prix mirobolants. Peu importe la situation déficitaire du club en termes économiques. La plupart des teams algériens vivent au-dessus de leurs capacités pour livrer un spectacle d’un niveau moyen.

On rase tout et on recommence. A chaque période de transferts, c’est la fièvre acheteuse chez les chairmen. Avant même l’adoption des bilans moral et financier, la liste est établie pour essayer de concocter la meilleure équipe qui soit pour l’exercice à venir. Certains changent la moitié du groupe en faisant signer 10 ou 11 joueurs. Pour la fenêtre des transferts actuelle, c’est le MC Alger qui semble se faire plaisir après une séquence 2018-2019 ratée avec des milliards de claqués pour 0 trophée.
L’ancien-nouveau manager du Mouloudia, Omar Ghrib, enfile les recrues comme des perles. La dernière en date : Abdelmoumene Djabou qui a paraphé un contrat de 2 années. L’ancien Sétifien atterrit chez le « Doyen » pour en être le meneur de jeu : « C’est notre troisième recrue. Un joueur à principe, le MCA verra de belles choses avec Djabou et lui aussi. Pour moi, Djabou est le n°10 du MCA. Depuis Benali, Metref est passé et a fait les beaux jours du MCA, mais Djabou, c’est un grand joueur ; c’est le dix du MCA et va faire les beaux jours du Doyen », s’est extasié Ghrib en ajoutant qu’ « on a parlé d’un salaire exorbitant pour Djabou. Je veux dire à cette personne que si c’était une question d’argent, il aurait signé au Maroc ou aux Emirats. Il ne serait pas venu signer chez Omar Ghrib.»
Réflexion qui laisse croire que le gaucher a fait des concessions salariales pour porter la tunique des « Vert et Rouge » sauf qu’il percevra un salaire stratosphérique de 4 millions de dinars mensuels. Rien que ça. Le tout à 32 ans. On ne peut pas dire que l’ex-ententiste soit au sommet de son art pour percevoir des indemnités aussi élevées.

Phénomène généralisé
Le football est un sport où le liquide circule de manière fluide. Ici plus qu’ailleurs. A Dz land, le professionnalisme n’est que façade parce qu’il n’y a pas de véritable politique économique qui assure un retour sur investissement au sein des différents directoires. Cela ressemble plus à de grosses mises dans un poker perdant où les acteurs sont les seuls gagnants. Les boss des différentes franchises se contentent de demander de l’argent aux entreprises publiques. Des opportunistes qui deviennent gérants de société sportives par actions (SSPA) en achetant quelques actions. Des parts qui devraient ne rien valoir sachant que ces SSPA sont déficitaires et endettées au plus haut degré. Du mécénat sportif et de l’assistanat pur est simple pour un sport roi au royaume des délinquants fiscaux. Des affairistes qui ont causé la faillite sportive mais aussi économique d’une discipline affublée d’un costume de professionnalisme que seuls les cols blancs peuvent se vanter de porter. Même en temps austère, le foot n’a jamais connu ce qu’est la crise. Pire, les émoluments des pousseurs de ballon n’ont cessé de grimper. Parallèlement, le niveau n’a pas arrêté de péricliter. Un vrai foutoir et une véritable gabegie. Ces (ir)responsables doivent, eux aussi, dégager et être jugés. n