«La diversité religieuse est une volonté divine que nous devons respecter. Les convergences idéologiques sont nécessaires pour l’humanité. Nous avons besoin de cette diversité, de sexe, de culture, de religion, de race, afin de réaliser l’épreuve de l’humanité et de fraternité», a déclaré, avant-hier, Christian Salenson, prêtre et ex-directeur de l’Institut de science et théologie des religieux (ISTR).
Dans une conférence intitulée «Chrétiens et musulmans, témoins ensemble du plus grand amour», organisée par la maison diocésaine au niveau de son siège, à Alger,
M. Salenson a mis la lumière sur le sacrifice des martyrs chrétiens et algériens lors de la décennie noire en Algérie. Il a insisté sur la nécessité du dialogue entre musulmans et chrétiens pour consolider le principe du vivre ensemble. Pour lui, il est «nécessaire» d’évoquer et de promouvoir les principes humains tels que la fraternité et l’amour entre les peuples et les nations.
Le but de cette communication, selon le conférencier, est de «montrer la fraternité entre chrétiens et musulmans à partir de la béatification de religieux et religieuses chrétiens et musulmans qui sont morts en martyrs».
C’est une reconnaissance «à tous les Algériens qui ont donné leur vie par foi», dira à Reporters Christian Salenson.
Ce dernier a, également, consacré une partie de son intervention à l’origine du mot «martyr», pour faire remarquer qu’il a «évolué» au cours du XXe siècle. «Le martyr est celui qui fait l’offrande de sa vie par amour», résumera-t-il, en référence aux martyrs d’Algérie qui «sont essentiellement martyrs de l’amour», soutiendra-t-il. Lui rendant la pareille, les Algériens présents à cette conférence n’ont pas manqué de mettre en évidence «la bonté des martyrs de Tibhirine envers l’Algérie ainsi que le vivre ensemble qui existait autrefois entre musulmans et chrétiens» dans le pays.
Abordant la mission de l’Eglise, le religieux chrétien soulignera qu’elle a pour objectif de «semer la fraternité et non le prosélytisme». «Notre but est d’être ensemble et la finalité est la fraternité», insistera-t-il. «La différence n’est pas un prétexte pour ne pas communiquer, au contraire, nous devons davantage évoquer l’idée de la diversité religieuse afin de mieux vivre ensemble», a-t-il encore soutenu, tout en relevant que «la fraternité n’a pas de frontières» et que «nous sommes appelés à vivre notre universalité avec toute sa diversité et sa richesse». Et d’ajouter : «Nous avons une responsabilité commune. C’est celle de réaliser l’épreuve de l’humanité envers l’autre. Nous vivons dans une époque qui nous permet de développer les liens de fraternité. Notre but est d’appeler à la réconciliation et la fraternité entre croyants et non croyants.»
Après avoir attentivement suivi cette conférence, l’un des intervenants n’a pas manqué d’exprimer le vœu de voir ce type d’initiatives se généraliser et gagner d’autres espaces, afin de «sensibiliser les gens et de leur inculquer les valeurs du vivre ensemble», expliquera-t-il.