Les épreuves du baccalauréat 2019 ont débuté hier dans la même atmosphère qui règne sur cet examen depuis quelques années. Une atmosphère marquée par la hantise de la fraude et la crainte de fuite des sujets, notamment à travers les réseaux sociaux, canal privilégié par les tricheurs au Bac. C’est pourquoi les Algériens ont eu droit hier à un réseau internet fortement perturbé, notamment pour l’accès à Facebook.

Les citoyens, et même les entreprises dont les activités peuvent dépendre des réseaux sociaux, ont dû faire face au fait accompli à leurs dépens, Algérie Télécom n’ayant pas jugé utile d’annoncer la suspension du service internet, comme elle le faisait ces dernières années, pendant la première heure de chaque épreuve pour éviter toute tentative de publication de sujets du baccalauréat sur la Toile.
Pas de Facebook donc, mais aussi pas de Twitter ou Instagram pour cette première journée d’un examen de fin de cycle secondaire dont des sessions antécédentes avaient vu éclater des scandales mettant à nu la pratique d’une triche à grande échelle et bien assimilée chez les candidats -et leurs parents-, ainsi que chez des enseignants et des responsables au niveau de l’Office national des examens et concours (Onec). Parmi ces derniers, nombreux sont ceux qui avaient été traduits en justice, alors que des candidats tricheurs ont écopé d’une élimination des épreuves du Bac pour plusieurs années. Pour cette session 2019, le ministère de l’Education nationale avait annoncé des mesures pour contrecarrer la fraude et venir à bout de toute tentative de fuite de sujets par voie électronique, entre autres dépôt des téléphones portables et de tout moyen de communication à l’entrée des centres de déroulement des examens et mise en place de brouilleurs dans les annexes de l’Office national des examens et concours (Onec) par le ministère de la Défense nationale. Ce type de mesures coercitives «a démontré son efficacité et permis de réaliser des résultats positifs ces dernières années, notamment avec la création de l’Organe national de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication, relevant du ministère de la Justice, doté des moyens juridiques et réglementaires nécessaires», a rappelé Abdelhakim Belabed, ministre de l’Education nationale. Néanmoins, les fraudeurs n’ont pas hésité à revenir à la charge cette année en publiant «trois faux sujets de baccalauréat sur internet», a indiqué M. Belabed, précisant toutefois que « les services compétents ont identifié les personnes qui sont à l’origine de ces publications » et
qu’« elles seront poursuivies en justice ».
Pour sa part, le ministère de la Défense nationale a annoncé avoir pris des mesures pour assurer « le bon déroulement des épreuves du baccalauréat session 2019 », dans un communiqué. « Dans le cadre de sa contribution à la sécurisation et au bon déroulement des épreuves du baccalauréat session 2019, le ministère de la Défense nationale a mis en place un ensemble de dispositions logistiques et technico-organisationnelles à l’effet de réunir les conditions favorables à la préparation, au déroulement et au suivi des épreuves du baccalauréat sur l’ensemble du territoire national», a souligné la même source. En coordination avec les différents organes nationaux, un plan d’action a été arrêté, a ajouté le MDN, expliquant que ce plan regroupe « les aspects inhérents à l’acheminement, par les moyens aériens militaires, des sujets des examens vers les centres concernés et des réponses des candidats vers les centres de correction, à travers une escorte sécuritaire qui sera assurée par les services compétents du ministère de la Défense nationale ». Selon le MDN, la mise en place des moyens techniques appropriés permet « d’assurer la sécurisation technique de ces examens et l’affectation d’une ressource humaine qualifiée en vue de faire face à d’éventuelles tentatives de diffusion et fuite des sujets ». Ces mesures « seront maintenues durant toute la période de déroulement et de correction des examens de cette session 2019 », a-t-on affirmé. Pour rappel, ce sont plus de
674 831 candidats, dont 411 130 scolarisés, 263 400 libres et 4 226 candidats détenus, qui ont rendez-vous, depuis hier, avec les épreuves du baccalauréat 2019, dont les résultats seront annoncés le 20 juillet.