Le siège de la Cour suprême a connu, hier, une ambiance particulière à l’occasion d’une journée au cours de laquelle les regards devaient plutôt s’orienter vers les établissements scolaires qui accueillaient dès les premières heures les candidats aux épreuves du baccalauréat session 2019.
Les rues et les ruelles menant au siège de la Cour suprême grouillaient de monde tôt le matin. Journalistes et curieux attendaient le nouvel épisode du passage d’anciens ministres devant le juge d’instruction. L’ancien ministre des Finances, Karim Djoudi, et celui des Transports, Amar Tou, sont en effet attendus. « Les badauds, qui découvrent le travail passionnant des magistrats, ont eu droit à un ballet des voitures transportant les anciennes figures du règne de Abdelaziz Bouteflika », ironise un étudiant qui se dirigeait vers la faculté de médecine à quelques centaines de mètres de la Cour suprême. Les dizaines de journalistes, qui s’étaient rassemblées devant la Cour suprême à Ben Aknoun pour prendre quelques «clichés» de certains d’entre eux, n’avaient pas la partie facile au vu du dispositif sécuritaire imposant qui a été déployé. « Les services de sécurité veulent éviter aux probables inculpés un traitement populaire semblable à celui réservé à Ouyahia qui, même à l’intérieur du fourgon cellulaire, n’a pas échappé à la furie des citoyens », tente d’expliquer un sexagénaire habitué des lieux. En effet, les photographes présents étaient tous à l’affut d’une séquence à immortaliser. En vain, les services de l’ordre les tenaient loin.
Le premier à franchir la grande porte de la Cour suprême était l’ex-ministre des Finances, Karim Djoudi. La grande berline allemande qui le transportait est passée telle une flèche. Alors que la foule guettait la moindre information sur le jugement, l’ex-ministre « ressort avec une sentence plutôt clémente », annonce un policier à ses collègues. De quoi s’agit-il ? « M. Djoudi est placé sous contrôle judiciaire», selon les premières informations émanant de la salle de délibérations.
Vers les coups de 13h, c’est au tour de Amar Tou, une des figures les plus impopaires du régime, d’arriver à la Cour suprême.
Lui aussi, il a été auditionné dans des affaires liées à la dilapidation de deniers publics, abus de fonction et attribution d’indus privilèges. La comparution de Tou clôt ainsi une journée peu ordinaire au siège de la Cour suprême bien qu’elle n’était pas aussi animée que mercredi et jeudi derniers lors de la comparution notamment de Ahmed Ouyahia et de Abdelmalek Sellal, qui ont été mis en détention provisoire.n