C’est le Jour J pour l’ensemble du secteur de l’Education nationale qui vivra, à partir d’aujourd’hui, premier jour des épreuves du baccalauréat 2019, un rendez-vous important aussi bien pour les centaines de milliers de candidats et leurs familles que pour les responsables du secteur.
L’examen va ainsi marquer la fin d’une année scolaire qui, si elle a été impactée à certains moments par le mouvement populaire enclenché le 22 février dernier, elle n’a pas été très perturbée, comme l’a été l’enseignement supérieur qui peine manifestement à valider, du point de vue pédagogique, une année universitaire fortement bouleversée.
En effet, les syndicats de l’Education nationale, qui avaient coutume d’engager un bras de fer avec la tutelle, ont vu leur activisme s’investir dans celui du Hirak, en ajournant leurs revendications d’ordre sectoriel.
Ce qui fait que l’année scolaire a été relativement stable et globalement sereine. Car, contrairement aux universitaires mobilisés pour un changement radical du système en place, les établissements de l’éducation nationale ont été épargnés, hormis quelques manifestations de rue dans le sillage du Hirak animées par des collégiens et des lycéens.
En effet, les étudiants et enseignants se sont massivement impliqués dans le Hirak, en abandonnant même les salles de cours et se consacrant au Hirak notamment, à travers la marche hebdomadaire de mardi que tiennent jusqu’à aujourd’hui les étudiants des différentes facultés. Cependant, le baccalauréat, en tant qu’examen, achève certes l’année, mais représente aussi le couronnement de la scolarité secondaire et celui de statut d’élève pour marquer celui de l’accession au rang d’étudiant. Cette épreuve sera aussi, à bien des égards, celle de M. Belabed, qui a succédé à Mme Nouria Benghabrit, remerciée lors du dernier remaniement gouvernemental.
Si le ministre est enfant du secteur pour avoir été longtemps parmi les proches collaborateurs de Mme Benghabrit, il n’en demeure pas moins que le baccalauréat de 2019 va constituer un véritable marqueur de la gouvernance Belabed, qui bénéficie, a priori, d’une période de grâce auprès des organisations syndicales du secteur.
Le nouveau ministre réussira-t-il son examen politique que constitue l’organisation du baccalauréat, notamment avec les incidents qui ont entaché, ces dernières années, la crédibilité de cette épreuve de fin d’année ? Pour les observateurs, c’est la gouvernance du premier responsable du secteur qui sera aussi mise à l’épreuve à l’occasion de ce rendez-vous, au-delà de la question des réformes du système scolaire qui reste encore posée. Mais, en attendant de voir ce qu’il est advenu réellement du projet de la réforme du système éducatif, la situation anxiogène de l’université ne manquera pas de donner des soucis aux potentiels bacheliers.