Le bureau national du Rassemblement national démocratique (RND) a tenu, hier, une réunion de crise au lendemain de la mise sous mandat de dépôt du secrétaire général du parti, Ahmed Ouyahia. Transcendant l’état de choc qui a ébranlé tout le RND à la décision du juge d’instruction de mettre sous mandat de dépôt le premier responsable du parti, le bureau national a pris les devants pour appeler les militants à rester soudés derrière la direction. « Nous appelons l’ensemble des militants du RND à rester mobilisés, en cohésion et unis derrière la direction légitime du parti dans pareille situation », selon un communiqué lu au terme de la rencontre, qui précise l’impératif d’adopter « l’ensemble des positions du parti affirmées et réaffirmées à multiples occasions par le bureau national, à l’instar du soutien à la démarche et initiatives lancées par l’Armée nationale populaire dans sa recherche d’un règlement de la crise ». « Parmi ces positions figurent notamment l’appel à un dialogue sérieux et constructif, la tenue d’élections ainsi que la mise sur pied d’une instance de surveillance des élections », est-il indiqué dans le communiqué, qui se démarque clairement de tout appel à la transition : « Nous appelons nos militants à ne pas suivre les appels à une période de transition et au respect de la légalité constitutionnelle et d’un règlement de la crise dans le cadre de la Constitution ».
Aussi et s’agissant de l’incarcération du secrétaire général du RND, le bureau national exprime sa « totale confiance en la justice algérienne qui constitue une institution des plus importantes dans l’édification d’un Etat de droit ». Selon un membre du bureau national, ayant pris part à la rencontre, « Ouyahia n’est pas condamné par la justice, il est juste sous mandat de dépôt. C’est-à-dire qu’il est possible qu’il soit relâché sous peu ». « Rien ne dit qu’il sera maintenu en prison, donc nous n’allons rien changer au parti et pour cela nous procédons à l’application de l’article 60 des statuts du RND ». L’article 60 des statuts énonce en effet que c’est le bureau national du parti qui aura à gérer les affaires entre les deux sessions du conseil national.
Toutefois, l’article 60 renvoie à l’article 33 du statut du parti qui évoque les dispositions s’appliquant au cas de figure actuel : « En cas de décès ou de démission du secrétaire, le conseil national se réunit obligatoirement pour constater la vacance et désigner un secrétaire général qui assure les missions et convoque un congrès extraordinaire pour élire un secrétaire général dans un délai de 3 mois à compter de la date du constat de la vacance ». Le même article 33 énonce que pour des impératifs majeurs, notamment de calendrier électoral, le conseil national peut décider de reporter la convocation du congrès extraordinaire dans une limite qui ne doit pas dépasser 12 mois après le constat de la vacance ».<