Le rythme des auditions des responsables par la justice s’accélère. Après la mise en détention provisoire des deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia
et Abdelmalek Sellal, ainsi qu’Amara Benyounès, ce sont d’autres anciens ministres qui passeront aujourd’hui devant le procureur de la Cour suprême.

Les responsables attendus seront auditionnés pour des faits de corruption et de trafic d’influence. Il s’agit en effet de l’ancien ministre des Finances, Karim Djoudi, et de l’ex-ministre des Transports, Amar Tou qui seront auditionnés en tant qu’accusés dans des affaires de corruption.
Il est attendu aussi à ce que l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, et Mohamed Djamel Khanfar, ex-wilaya d’El-Bayadh, soient auditionnés demain lundi par le juge de la Cour suprême. Cette accélération fait suite à l’ouverture par le Tribunal de Sidi M’hamed d’instructions à l’encontre de près de 70 personnes citées dans les affaires Ali Haddad et Mahieddine Tahkout, les deux hommes d’affaires mis en détention préventive à El-Harrach. Cette série de convocations d’anciens hauts fonctionnaires de l’Etat intervient en application des dispositions de l’article 573 du code de procédure pénale.
Le Parquet général près la Cour d’Alger avait indiqué dans un communiqué avoir « transmis au Procureur général près la Cour suprême plusieurs dossiers d’enquêtes préliminaires, instruites par la police judiciaire de la Gendarmerie nationale d’Alger, pour des faits à caractère pénal, à l’encontre» de plusieurs anciens ministres et walis.
Il s’agit, selon la même source, de Zaâlane Abdelghani, Tou Amar, Talai Boudjemaâ, Ghoul Amar, Benyounes Amara, Bouazgui Abdelkader, Djoudi Karim, Bouchouareb Abdesslam, Zoukh Abdelkader, Khanfar Mohamed Djamel, Sellal Abdelmalek et Ouyahia Ahmed ». Le Parquet général près la Cour d’Alger avait alors expliqué qu’en raison « de leurs fonctions au moment des faits, les susnommés bénéficient de la règle du privilège de juridiction consacrée par le texte de cette loi ».
Avec la comparution de Karim Djoudi et de Amar Tou devant le juge, et qui seront suivis par les deux ex-walis, la semaine en cours ne s’annonce pas moins agitée que la précédente qui a vu la mise en détention provisoire d’Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal et d’Amara Benyounès dans un véritable séisme politico-judiciaire.
La mise en détention des hommes d’affaires Kouninef et Tahkout, qui s’est ajoutée à celles de Issad Rebrab et Ali Haddad, n’a pas manqué de jeter un coup de froid sur le monde des affaires.