Rencontré lors de la célébration de la Journée de l’Afrique en Serbie, au Palais de Belgrade, Ivica Dačić, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Serbie, a répondu aux questions de Reporters.
Un entretien dans lequel il revient sur la coopération bilatérale entre les deux pays, que ce soit sur le plan économique, politique ou culturel, et sur l’importance de renfoncer la relation d’amitié entre les deux pays, qui existe depuis l’époque de l’ex-Yougoslavie.

Reporters : Quel est le niveau des relations politiques et diplomatiques entre la Serbie et l’Algérie ?
Ivica Dačić : L’Algérie et la Serbie sont liées par une très grande amitié et, comme vous le savez, la Serbie est héritière de l’ex-Yougoslavie. Vous savez aussi très bien quels étaient le rôle et le soutien de cette dernière pour la lutte du peuple algérien dans la guerre de libération, à l’époque du Président Tito. En conséquence, nous avons des liens d’amitié très étroits et nous nous efforçons de les développer dans tous les domaines, aussi bien sur les plans politique, économique, culturel qu’éducatif.
J’ai eu moi-même, l’occasion de visiter l’Algérie il y a quelques années et mon homologue algérien, lui aussi, a visité la Serbie. Nous avons l’intention de renforcer nos liens et rendre notre relation très forte et très proche. Comme je l’ai mentionné, également, nous avons l’intention de renforcer notre coopération dans le domaine économique mais aussi dans le domaine éducatif, et d’accorder le plus de bourses possibles pour les étudiants qui viennent ici et pour que vous appreniez la langue serbe (rires).

En ce qui concerne les échanges économiques, y a-t-il des projets concrets qui sont en cours de discussion ou de concrétisation ?
Comme vous le savez probablement, notre coopération a été vraiment très dense à l’époque l’ex-Yougoslavie, entre autres sur le plan économique. De nombreuses sociétés yougoslaves ont travaillé et ont contribué aux efforts de développement de certains secteurs en Algérie. Maintenant, cette coopération est à un niveau beaucoup plus inférieur qu’à l’époque. Dans les faits, c’est la commission mixte algéro-serbe, qui a été créée à l’époque et qui existe encore aujourd’hui, qui devrait surtout concevoir des projets concrets de coopération bilatérale.

L’Algérie et la Serbie ont de bonnes relations sur le plan culturel, y a-t-il des projets dans ces sens ?
La culture est l’un des premiers secteurs dans lequel nous souhaitons vraiment renforcer cette coopération. Et là, je tiens à remercier Abdelhamid Chebchoub, l’Ambassadeur d’Algérie à Belgrade, pour cette magnifique organisation de la Journée de l’Afrique en Serbie, qui est une réussite. J’étais l’initiateur de cette journée et je voulais en faire un symbole d’une amitié entre la Serbie et le continent africain. Je pense qu’il est important de profiter de cette journée afin de développer quelques échanges culturels. En plus de cela, la Serbie est l’un des pays qui dispose d’un musée d’art africain. Comme je l’ai dit tout à l’heure, et je le répète, il y a beaucoup de bonne volonté, il faut juste travailler sur des projets concrets. L’ex-Yougoslavie était proche de l’Afrique, le 25 mai est la journée de la réunion fondatrice, choisie par l’organisation de l’unité africaine, qui a été initiée par le roi Haïlé Sélassié Ier à Addis Abeba en l’honneur du président Tito pour son soutien au peuple africain. Si la célébration a été reportée à la date d’aujourd’hui, c’est que cette date symbolique est tombée, cette année, durant le mois de Ramadhan. Dans les faits, cette première réunion a été convoquée le 25 mai symboliquement, car cette dernière coïncide avec la date d’anniversaire de Tito. Rares sont ceux qui le savent, que cela soit en Afrique ou en Serbie.