Le réalisateur italien Franco Zeffirelli est mort, hier, à l’âge de 96 ans dans sa résidence de Rome, suscitant une vague d’émotion dans sa ville natale de Florence mais aussi dans le milieu du  cinéma et de la culture dont il était une figure marquante. Franco Zeffirelli «s’est éteint sereinement après une longue maladie, qui s’était aggravée ces derniers mois », ont annoncé les médias italiens, citant des sources dans la famille du cinéaste. « Profonde émotion pour la disparition du maître Franco Zeffirelli. Ambassadeur italien du cinéma, de l’art et de la beauté. Un grand cinéaste, scénariste, scénographe. Un grand homme de culture », a twitté le chef du  gouvernement italien Giuseppe Conte. Pour sa part, le maire de Florence Dario Nardella a écrit «Je n’aurais jamais voulu que ce jour arrive. Franco Zeffirelli est parti  ce matin. Un des plus grands hommes de la culture mondiale. Nous nous joignons à la douleur de ses proches. Adieu, cher Maître, Florence ne t’oubliera jamais »   Pour le ministre italien de la Culture Alberto Bonisoli, c’est « un génie de notre temps »que pleure le monde de la culture et du cinéma. « Ciao Maestro », lit-on simplement sur la page d’accueil du site de la Fondation Zeffirelli. Dès l’annonce de sa mort, les médias du monde entier ont tenu à rendre  ommage au réalisateur de légende. La BBC rappelle qu’il avait dirigé des stars comme Elizabeth Taylor et Maria Callas et les grandes scènes italiennes, de la Scala de Milan à la Fenice de Venise font part de leur émotion sur leurs comptes Twitter.   

De Visconti, à Maria Callas et Fanny Ardant
Franco Zeffirelli, a commencé sa carrière artistique comme assistant de Luchino Visconti qui lui ouvre le chemin. Il le suit d’abord au théâtre, puis au cinéma pour les films «La Terre tremble » (La Terra trema) et Senso. Vers la fin des années 1950, Zeffirelli amorce une carrière de metteur en scène d’opéras qui s’échelonne sur plusieurs décennies et le conduit à travailler régulièrement pour La Scala de Milan et le Metropolitan Opera de New York. Il dirige notamment Maria Callas dans « La Traviata » à Dallas en 1959, « Tosca » à Londres et Paris en 1964 et « Norma » à Paris en 1964 et 1965. En 1966, à New York, il inaugure la salle d’opéra du Lincoln Center en dirigeant la création de l’opéra « Anthony and Cleopatra » de Samuel Barber dont il écrit également « le  libretto ». La réaction critique est unanimement négative.  En 1967, il réalise une adaptation cinématographique de la pièce de Shakespeare « La Mégère apprivoisée » mettant en vedette Elizabeth Taylor et Richard Burton. Le film connaît un succès appréciable, ce qui l’encourage à adapter « Roméo et Juliette » l’année suivante, avec Leonard Whiting et Olivia Hussey, La musique de Nino Rota contribue à faire de ce film un chef-d’œuvre absolu. C’est le plus gros succès de la carrière de Zeffirelli. « Roméo et Juliette » reçoit quatre nominations aux Oscars, et en remporte deux (meilleure photographie et meilleurs costumes). À la fin des années 1970 il se rend aux États-Unis où il réalise « Le Champion » et « Un amour infini », deux mélodrames froidement reçus par la critique. Pendant les années 1980, il dirige des opéras filmés comme « La Traviata » en 1982. Il revient à Shakespeare en 1990 avec une version de « Hamlet » mettant en vedette Mel Gibson dans le rôle-titre. Il tourne en fin de carrière « Un thé avec Mussolini », film largement autobiographique sur son enfance à Florence ; une nouvelle version cinématographique de Jane Eyre, d’après le roman de Charlotte Brontë, avec Charlotte Gainsbourg dans le rôle-titre, et enfin le film biographique « Callas Forever » avec Fanny Ardant. Franco Zeffirelli, après les funérailles dont la date et le lieu restent à définir, reposera dans le cimetière des Portes Saintes de Florence. à ce qu’avait annoncé sa famille dans la matinée, la chapelle  ardente ne sera pas installée lundi à Rome mais dans la célèbre salle des Cinq-Cents du Palazzo Vecchio de Florence.