Placée sous le haut patronage du wali de Tlemcen, la 8e édition du festival de la cerise et des produits de terroir qui a planté son décor au niveau de l’Allée des marronniers jouxtant le grand Bassin, a pris fin jeudi 13 juin après avoir été ouverte le mardi dernier.

Organisée par le parc national de Tlemcen, en partenariat l’APC de Tlemcen, la chambre de l’artisanat et des métiers (CAM), la direction de la conservation des forêts, la direction des services agricoles (DSA) et la chambre de l’agriculture, cette manifestation économico-culturelle a vu la participation de 30 agriculteurs. Plusieurs variétés cultivées à Mzoughen, Beni Ghezli, Beni Hammed, Beni Yacoub, Ouled Sid El Hadj, Yebdar, Attar, étaient exposées à cette occasion. A noter que le bigarreau était proposé à 300 DA le Kg alors que le prix de la cerise variait entre 500 et 600 DA le Kg. Une « mercuriale » hors de portée des bourses moyennes. Nous avons rencontré un fonctionnaire qui sortait « bredouille » des lieux, la mine visiblement frustrée, sachant que la dégustation n’étant concédée qu’à l’occasion de la cérémonie d’ouverture officielle. Par rapport à la superficie dédiée à la production de ce fruit au titre de la saison agricole 2019, elle s’élève à 900 Ha, soit 45000 quintaux, selon la chargée de la communication auprès de la DSA qui indique, à titre de comparaison, que l’année 2018 s’est illustrée par l’exploitation de 700 Ha correspondant à 35000 Qx. A ce titre, 4 communes se partagent la culture de la cerise, à savoir Aïn Fezza, Ouled Mimoun, Oued Lakhdar(ex-Chouly) et Mansourah. Dernièrement, cette culture s’est étendue à d’autres communes situées dans le sud de la wilaya, à l’instar de Sebdou, Beni Snous et El Aricha.Il faut souligner dans ce sillage le challenge agraire de l’agriculteur Boussaïd Boudjouda qui a réussi à cultiver des cerises au niveau de son exploitation, dans une région pastorale au climat à priori inadapté, en l’occurrence El Aricha. Il y a lieu d’indiquer que ce salon agricole qui a abrité également des stands dédiés à l’artisanat(poterie, maroquinerie, sparterie, vannerie, pâtisserie…) a été marqué par l’organisation de 4 concours dont le meilleur stand, le meilleur goût, le meilleur dessin et Miss Cerise 2019. En l’honneur de la princesse des fruits ou le fruit des rois « hab el moulouk », un défilé des lauréats du concours Miss Cerise, dédié par ailleurs à la chedda tlemcenia (inscrite par l’Unesco au patrimoine universel) s’est déroulée sur l’esplanade de Sahrij Bedda. Parallèlement, se tient le «marché» occasionnel mais non moins informel de la cerise au niveau du plateau de Lalla Setti où des étals garnis de «hab el moulouk», font partie du décor en ce mois de juin ne laissant pas les visiteurs indifférents. Malgré le prix excessif du kilo de cerises charnues et veloutées à 500 et 600 DA, l’on est tenté de goûter hab el-moulouk (le fruit des rois). Nos grand-mères nous disaient en pareille époque «Ala tout macha mout et ala hab el-moulouk katoulou rassou» (A cause des mûres, il a failli mourir et à cause des cerises, on lui a coupé la tête !). La région de Tlemcen est connue pour ses cerisiers légendaires qui poussent en montagne. Cet arbre majestueux exotique aurait été «importé » par les Andalous qui s’étaient réfugiés à Tlemcen (El Ourit et Aïn Fezza) avant d’être greffé par les anciens à partir du merisier, arbre sauvage recherché pour son bois. Avant l’invasion du béton, les cerisiers ornaient toute la lisière de la forêt des pins, c’est-à-dire le quartier actuel de Birouana, Sidi Tahar, et surtout les cascades (El-Ourit).
Un exemple de toponymie : la cité des Cerisiers(datant de l’époque coloniale), située dans le triangle Beau-Séjour-Bel Air-Bel Horizon.Notons que depuis sa naissance, la fête des cerises a pérégriné à travers 4 sites : l’Allée des marronniers au lieudit Sidi Boudjemaâ, la place Emir Abdelkader (Blass), le plateau de Lalla Setti et le théâtre de verdure du grand Bassin Cheïkh Larbi Bensari. n