Les eaux issues des milieux domestiques et les liquides charriant des agents polluants qui se déversent dans le bassin du barrage de Taksebt sans être traitées (absence de STEP), constituent une source potentielle de pollution pouvant, à terme, altérer la qualité de l’eau de ce barrage qui alimente les populations des wilayas de Tizi Ouzou, Boumerdès et Alger. Le constat de la vulnérabilité à la pollution de cette importante infrastructure hydraulique est venu par la bouche de Mme Abbou Sonia, sous-directrice de l’Office national de l’assainissement (ONA), qui intervenait, hier, à l’ouverture du 6e séminaire national sur l’eau, organisé par la Laboratoire des eaux de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. « La protection du barrage de Taksebt : étude d’impact des eaux usées qui se déversent sur la cuvette du barrage, avec présentation du projet de réalisation des six stations d’épuration et des collecteurs » C’est le titre de l’intervention de la responsable de l’ONA, qui a rappelé que la forte densité de la population implantée sur le versant sud-est du barrage de Taksebt impacte négativement la masse hydrique de ce barrage en provenance de nombreux affluents situés en amont. Des rejets d’eau usée provenant des ménages de près de 150 villages issus des daïras du sud-est de la wialya de Tizi Ouzou se déversent dans la cuve de Taksebt. Ce à quoi s’ajoute les agents polluants provenant des stations de lavage et des huileries qui augmentant ainsi le potentiel de pollution de l’eau. Euphémisme ou vérité scientifiquement établie, des spécialistes venus assister au « SNE-6-UMMTO » minimisent le phénomène et préfèrent parler de « vulnérabilité » que de « danger avéré» de pollution. Pour autant, le problème est pris au sérieux puisque des dispositions sont prises par les pouvoirs publics en vue de sécuriser les eaux du barrage. Six stations d’épuration (STEP) sont inscrites en réalisation, en amont des cours d’eau situés dans le territoire des communes Irdjen 1 et 2, Mechetras, Ouadhia, Ouacifs et Aïn El Hammam, alimentant Takesebt. Le lancement des chantiers de ces infrastructures, qui devait intervenir en 2013 s’est heurté à des contraintes de terrain (oppositions) et de financement (gel) en raison de la conjoncture budgétaire connue par le pays. Une bonne nouvelle, cependant. Invité de l’UMMTO et présent au séminaire sur l’eau, Hameg Rachid, directeur au ministère des Ressources en eau, annonce que la réalisation de ces projets interviendra sous peu, vu que les oppositions et libération des financements appartiennent désormais au passé. n