Jour J. Après une série de rencontres et de débats, la société civile se réunit, aujourd’hui, dans une conférence très attendue car devant être sanctionnée par la validation et la présentation d’une feuille de route consensuelle pour une sortie de
crise.
Le rendez-vous est d’autant plus important, dans la mesure où d’énormes espoirs reposent sur cette initiative qui aura fait converger plusieurs acteurs de la société civile en vue d’une solution à une crise politique et institutionnelle qui en est à son quatrième mois, au moment où le dialogue tel qu’envisagé par le pouvoir politique peine à prendre forme.
Plus de 200 représentants de différentes dynamiques de la société civile prendront part à cette conférence nationale de la société civile, initiée par trois pôles, à savoir le Collectif des dynamiques de la société civile pour une transition pacifique et démocratique, le Forum civil pour le changement et la Confédération des syndicats algériens. Après avoir tenu quatre réunions depuis le 18 mai dernier et des séances de travail interminables, la commission mixte est finalement arrivée à un consensus et cela en partant de trois feuilles de route proposées par les trois pôles.
Même si les organisateurs ont tenu à rester discrets quant au contenu de ce document, Abdelouahab Fersaoui, président de l’association Rassemblement actions jeunesse (RAJ), a laissé entendre que le rendez-vous sera consacré à l’étude des différents «mécanismes nécessaires pour la mise en place d’une réelle transition démocratique». Il explique que, «même si les différentes dynamiques sont d’accord sur la nécessité d’aller vers une période de transition, de nombreux points de divergences ont été relevés lors des différentes réunions», cependant, des «compromis ont été faits de part et d’autre afin d’être en phase avec l’essence du mouvement populaire».
Il a souligné, par la même occasion, que «la plateforme de sortie de crise est le résultat d’un long travail autour de trois propositions de feuilles de route des trois pôles. Elle regroupe les mécanismes qui permettront une véritable transition démocratique et le transfert du pouvoir au peuple».
Conscients du fait qu’ils n’ont pas droit à l’erreur, les organisateurs de la conférence nationale de la société civile ont indiqué que la tenue de cette rencontre n’est que la première étape pour la mise en route d’une période de transition. «La conférence nationale de la société civile n’est pas une fin en soi, la réussite de cette conférence n’est qu’un premier pas vers d’autres étapes. Notre objectif est d’amorcer un véritable processus de transition démocratique. Le fait que la société civile se rencontre et sorte avec une feuille de route consensuelle, pour une sortie de crise, est déjà un acquis, quelque chose de positif», a estimé Abdelouahab Fersaoui. Ce dernier poursuit, en indiquant qu’il «ne faut pas oublier que le pouvoir a longtemps neutralisé la société civile, notamment lors du règne Bouteflika». L’organisation de cette conférence «n’est qu’un premier pas, car nous allons tenter d’élargir le consensus construit autour de la société civile à d’autres dynamiques au niveau national mais, aussi, nous allons surtout soumettre notre feuille de route à un débat national. Nous envisageons aussi d’aller vers les partis politiques et personnalités nationales pour arrêter ensemble une vision commune, consensuelle pour s’imposer et créer un rapport de force face au pouvoir en place», a-t-il conclu.n