L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a réduit de 100 000 barils par jour (b/j) sa prévision de croissance de la demande de brut pour 2019, attendue désormais de 1,2 million b/j. Elle l’avait déjà diminuée de 90 000 barils le mois précédent.
Cette révision semble avoir réussi à contrecarrer la forte remontée des prix de l’or noir, annoncée la veille par l’attaque contre deux pétroliers en mer d’Oman, au large de l’Iran. Les cours avaient, en effet, rebondi jeudi après cet événement ayant ravivé les tensions au Moyen-Orient, et s’étaient même éloignés de leurs plus bas en cinq mois. Mais hier, ils ont renoué avec la tendance baissière poussés par les chiffres de l’AIE qui confortent un ralentissement de la croissance économique mondiale. Hier, vers 13H35 GMT le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août s’échangeait à 61,50 dollars sur l’Inter Continental Exchange (ICE) de Londres, alors que le baril de Texas Light Sweet valait 52,15 dollars sur le New York Mercantile Exchange. « Les prix du pétrole commencent à réagir à la possibilité d’un ralentissement économique mondial, comme ils l’avaient fait à l’été 2008 », ont ainsi rappelé les analystes de BNY Mellon. Au recul de la demande s’ajoutent les hausses massives des réserves américaines annoncées la semaine dernière dans un contexte économique instable et qui
« ne permettent pas de construire un scénario de hausse des prix », a résumé Stephen Innes, analyste de Vanguard Markets. Entre tensions géopolitiques qui mettent l’offre en danger et les prévisions de baisse de la demande, le marché pétrolier évolue dans le sens de l’hésitation. Néanmoins, les tensions au Moyen-Orient n’ont pas encore fait valoir totalement leur impact, et pourraient faire grimper les prix, si la circulation au large de l’Iran dans le détroit d’Ormuz, est interrompue, selon des analyses de Capital Economics. « Le bond des prix de jeudi après l’attaque de deux pétroliers dans le golfe d’Oman montre que les prix ont plus de chance de repartir à la hausse que de plonger encore plus bas », ont-ils estimé. Pour les Etats-Unis, l’Iran est responsable des attaques contre les deux pétroliers dans la mer d’Oman, a déclaré jeudi le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, évoquant notamment, à l’appui de ses accusations, des informations récoltées par les services de renseignement. Ces accusations sont
« sans fondement » a riposté le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué. « Accuser l’Iran […] est apparemment ce qu’il y a de plus simple à faire pour M. Pompeo et les autres autorités américaines », déclare le porte-parole du ministère, Abbas Moussavi, dans ce communiqué.
R. E.