A croire que c’était écrit pour Andy. Delort jouera finalement la Coupe d’Afrique des nations 2019 (21 juin – 19 juillet) en Egypte avec l’équipe nationale. Une occasion inouïe et l’incident de Haris Belkebla ont précipité sa venue. Djamel Belmadi, sélectionneur national, a décidé d’appeler l’attaquant montpelliérain pour suppléer le milieu de terrain brestois dans la liste des 23. C’est loin d’être du poste pour poste mais c’est un choix dicté par le sportif ainsi que la conjoncture. Niveau communication, le driver de l’EN n’a pas fait dans la demi-mesure. Explications.

Il avait peut-être déjà la tête aux vacances bien qu’il figurait dans la liste des réservistes. Jeudi, Andy Delort a dû prendre le vol vers Doha depuis Roissy-Charles de Gaulle(France) pour rejoindre les « Fennecs » qui sont en regroupement au Qatar depuis le 8 juin dernier. Dans ce stage, il y a eu deux faits marquants jusque-là : le match nul (1/1) face au Burundi et le « Belkeblagate ». Ce dernier (on ne va pas revenir sur les faits que tout le monde connait) a été fatal pour celui qu’on présentait comme la solution pour un entre-jeu qui tangue. Son renvoi impliquait le rappel d’un autre élément qui normalement- évolue dans le même secteur.
Dans un premier temps, c’est le nom de Mohamed Benkhemessa (USM Alger) qui avait circulé comme substitut, mais la Fédération algérienne de football (FAF) n’avait rien communiqué à ce sujet. Cela voulait dire que Belmadi avait une autre idée en tête. L’arrivée de Saphir Taïder a été évoquée par les spéculateurs mais le pensionnaire de l’Impact Montréal n’était pas vraiment dans les plans du coach : «J’attends de lui quelque chose de différent au milieu de terrain. Je respecte le joueur mais il doit ressentir de la déception», avait révélé le premier responsable de la barre technique de l’Algérie en conférence de presse après la publication de la liste des « Fennecs » retenus pour le tournoi continental. Il n’était, par conséquent, pas une alternative envisageable.
Palliatif sportif, remède médiatique
A vrai dire, il ne s’agissait pas seulement de remplacer un départ mais de faire oublier une histoire. Il fallait donc un effet surprise. Le choix s’est donc porté sur Delort. L’arrivée de l’ancien cannais est un vrai évènement. Pour les médias, c’est une nouveauté. Son débarquement aura servi à détourner la presse et l’opinion de l’ « affaire » (si l’on peut l’appeler ainsi même si c’est un peu exagéré) Belkebla et sa maladresse. Dès que le nom du Sétois a été annoncé, l’information a embrasé la toile. Belmadi venait de réussir un sacré coup de com en convoquant un joueur qu’il voulait préalablement dans son effectif. Cependant, il faut le rappeler, sa venue avait été empêchée par des raisons d’ordre administratif.
En effet, la procédure auprès de la FIFA pour le changement de nationalité sportive du joueur n’a pas été accomplie à temps. A partir de là, Belmadi a été contraint de laisser Delort sur bas-côté. Ce qui avait profité à Youcef Belaïli qui joue au même poste que l’ex-signataire du team mexicain des Tigres de Monterrey. Après avoir atterri à l’aéroport de la capitale qatari, Delort était semblait déjà dans le bain. T-shirt blanc et short vert comme ces deux maillots qu’il a posté en montage image sur son compte Twitter en légendant : « Une immense fierté personnelle mais aussi collective. Tahia Djazaïr! »
Hier, le footballeur de 28 ans a pris part à la première séance d’entraînement avec ses nouveaux compères. Il aura à peine le temps de prendre des repères puisqu’il devrait être testé dès demain en amical contre le Mali pour le deuxième match de préparation d’ « El-Khadra ».
Le voir incorporé d’entrée n’est pas à exclure même si ça dépendra de ses aptitudes physiques puisqu’il a raté la première partie de la préparation. Sinon, il devrait être incorporé lors de la dernière demi-heure. Et si jamais il s’illustre, il se mettra tout le monde dans la poche. n