L’affaire de la mort en détention du Dr Kamel Eddine Fekhar vient de connaître de nouveaux rebondissements. Ainsi, sa famille a déposé plainte contre des responsables locaux au niveau de la wilaya de Ghardaïa. Il s’agit du wali, du Procureur général, du juge d’instruction, du directeur de la prison et de celui de l’hôpital de la vallée du M’zab.
Selon Maître Salah Dabouz, ils «sont les premiers responsables de la mort programmée du Dr Fekhar», ajoutant que «l’instruction dévoilera l’implication probable d’autres personnes». Il précisera que la famille a déposé plainte accusant ces mêmes personnes d’« allégation et imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de personnes, acte arbitraire ou attentatoire, soit à la liberté individuelle, soit aux droits civiques d’un ou plusieurs citoyens et non-assistance à personne en danger».
L’avocat estime, par ailleurs, que depuis le soulèvement du 22 février, «les pouvoirs centraux, n’étant plus en mesure de suivre l’application de tels plans, ces deux responsables naviguent à vue selon la même politique, mais sans couverture ni assistance.
Ils s’enfoncent de plus en plus et commettent de plus en plus de fautes qui sont allés jusqu’à commettre des crimes programmés, comme ce fut le cas de Fekhar». «Cette affaire risque d’avoir des ramifications encore inconnues pour deux raisons principalement», a dit l’avocat. Précisant que la famille, tout comme lui, considère que « la liquidation de Kamel Eddine Fekhar est un crime d’Etat », dans la mesure où « tout a été entrepris par des fonctionnaires au sein d’institutions de l’Etat, en usant des lois de la République ».
Il a ajouté que le dossier Kamel Eddine Fekhar « est un dossier traité par les instances onusiennes, une première fois, qui avait fait objet d’un avis portant le numéro 34/2017 concluant que son arrestation du 9 juillet 2015 était une arrestation arbitraire».
Les mêmes instances, poursuit l’avocat, « ont demandé au gouvernement de normaliser la situation de Fekhar et de lui apporter des garanties pour éviter son arrestation pour les mêmes motifs ». « Les autorités onusiennes sont donc impliquées dans ce dossier et doivent obligatoirement comprendre pourquoi il y a eu récidive », a ajouté l’avocat. Soulignant que « nous devons donc tous comprendre pourquoi Mechri et Bensalem bénéficient de cette immunité qui les couvre même en cas de crime ».
Sur ce point, M. Dabouz a estimé que « le wali Azzedine Mechri et le Procureur général Mohamed Bensalem sont arrivés à Ghardaïa, en 2014, en pleine crise sécuritaire. Ils étaient chargés d’agir par une politique répressive en violation des lois et de cibler les activistes politiques de la mouvance démocratique et des droits humains, à leur tête le Dr Kamal Eddine Fekhar, pour éradiquer toutes formes de résistance pouvant gêner les pouvoirs publics dans leur politique de contrôle de la société et de son façonnage selon le modèle décidé par certains cercles de lobbying à partir d’Alger».n