Les vingt-quatre lauréats de l’édition 2019 du prix du président de la République «Prix Ali-Maâchi pour la créativité» ont été dévoilés, jeudi dernier, à l’Opéra d’Alger, lors de la cérémonie officielle de la remise de prix en présence de la ministre de la Culture Meriem Merdaci. La cérémonie a également été l’occasion de distinguer l’homme de théâtre Abdelhamid Habati, le musicien Boualem Rahma, la plasticienne Fatiha Bisker et le cinéaste Mohamed Cherfaoui avec la collaboration de l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (ONDA) pour « leurs parcours artistiques remarquables».

Le président du jury de l’édition «Prix Ali-Maâchi pour la créativité» de cette année, le musicologue et chef d’orchestre, Salim Dada, a annoncé que la grande nouveauté de l’édition 2019 est l’engagement concret de différentes institutions culturelles pour l’accompagnement du devenir des lauréats, ainsi que la visibilité des œuvres primées.
Dans un contexte sociopolitique marqué par les revendications des marches populaires pour le changement du système, le président du jury nous confie, à propos du fait que le ministère de la Culture a maintenu le déroulement de ce concours national artistique, qu’«il s’agit avant tout de respecter les efforts des candidats qui ont travaillé pour certains depuis plus d’une année à la création d’une œuvre inédite.
Nous avons reçu deux cent quatre-vingts œuvres au fil de ces derniers mois et c’était de notre devoir d’encourager les efforts de cette jeunesse pleine de créativité en maintenant l’organisation du prix car ils auraient été les premiers lésés si on l’avait annulée ou reportée.
Salim Dada nous précisera que l’exigence a été, dès le départ, de privilégier, d’une part, les œuvres originales qui se démarquent des canons classiques. Et d’autre part, d’œuvrer pour la promotion des œuvres primées en les rendant visibles au grand public et en accompagnant les lauréats pour entamer une véritable carrière artistique. Ainsi, lors des précédentes éditions, si le prix se résumait en la remise d’enveloppes financières, cette année, en plus de cela, plusieurs institutions se sont engagées à ce que les œuvres puissent être vues, lues et entendues par le grand
public. Le président du jury souligne à propos des critères de la sélection des lauréats que, lors d’une première sélection, toutes les œuvres trop classiques, plagiat ou adaptation ont été écartées. Le principal critère de sélection est l’originalité de l’œuvre, porteuse d’une personnalité singulière et révolutionnant les normes esthétiques classiques. Les candidats ont été départagés par un jury composé de quatorze membres. Des professionnels et des universitaires des différentes catégorie du concours, à l’instar de Margarita Dulache, accordéoniste et concertiste, Khadija Goumari, danseuse et chorégraphe, Ismaïl Yabrir, écrivain littéraire et poète, Mohamed El Amine Bahri, universitaire et critique de théâtre, Mourad Senouci, journaliste, critique et dramaturge, Nabil Haji, professeur d’université, critique et chercheur en cinéma, et Salim Rekah, peintre et professeur d’arts plastiques.

Capitaliser et labelliser le prix Ali-Maâchi de la créativité
Le président du jury Ali Maâchi nous précisera, à propos de la grande nouveauté de l’édition 2019 : « C’est une volonté dès le premier jour de capitaliser et labelliser le prix Ali-Maâchi de la créativité.» Dans cet esprit, Salim Dada a annoncé que des engagements ont été déjà pris par différentes structures culturelles pour l’accompagnement des lauréats. Ainsi, concernant les trois premiers prix de la créativité musicale, Salim Dada affirme que les œuvres primées seront prises en charge pour être interprétées par l’Orchestre des jeunes d’Algérie (OJA) dont il est le chef d’orchestre. Les compositeurs primés pourront ainsi assister à la création musicale de leurs œuvres qui seront ensuite présentées au grand public lors d’un concert symphonique qui sera donné par les jeunes musiciens de l’OJA.
Concernant le volet littéraire, les textes primés dans les catégories romans, poésies et textes dramaturgiques seront édités grâce au soutien du Fonds d’aide à la création littéraire. Le président du jury nous précise à ce sujet que «nous avons déjà l’engagement de ce fonds d’aide pour la publication d’un ouvrage qui regroupera les œuvres qui ont été primées ces cinq dernières années». Soit au total entre soixante et quatre-vingt-dix œuvres littéraires. Il annonce aussi que toujours dans l’esprit de l’accompagnement des jeunes auteurs, un stand sera organisé au niveau du prochain Salon international du livre d’Alger (Sila) où seront organisées des ventes-dédicaces avec les différents auteurs primés. Notre interlocuteur nous explique aussi que, concernant la catégorie création chorégraphie, le spectacle primé sera monté et présenté à la prochaine édition du Festival international de la danse contemporaine qui se déroulera au mois de novembre prochain avec le Label du prix Ali-Maâchi. De même pour les trois premiers prix dans la catégorie audiovisuel, le Centre algérien du cinéma (CADC) s’est engagé, pour sa part, à l’organisation d’une résidence d’écriture de scénario afin d’accompagner les lauréats à réaliser leur premier court-métrage professionnel.
Dans la catégorie des arts-plastiques, le deuxième prix de l’édition 2019, qui s’est distingué par une œuvre de calligraphes modernes, bénéficiera d’une prise en charge pour participer, au cours de cette année, à la prochaine «Irsika», la rencontre triennale internationale dédiée à la calligraphie moderne qui se déroule tous les trois ans à Istanbul, en Turquie. n

Les lauréats de l’édition 2019
Dans la catégorie du roman, le 1er prix Ali-Maâchi a été décerné à Benlekhal Nesrine pour son roman « Selfies », les second et troisième prix ont été respectivement décernés à Smaïl Mohamed et Abderrezak Touahria. Les trois prix de la catégorie poésie ont été remportés par Boufta Ahmed, Benamar Mosaeb Takieddine et Aïcha Beldjilali. Pour ce qui est de l’interprétation théâtrale, le premier prix est revenu à Hantour Ghania pour ses travaux de théâtre de marionettes, le deuxième à Hicham Guergah et le troisième à Haouas Mohamed. Smaïn Azzedine et Lounes Sabrina ont remporté respectivement les deuxième et troisième prix de la mise en scène théâtrale. Le premier prix n’a pas été décerné dans cette catégorie. Dans le domaine de la musique, le premier prix a été décerné à Fadhloune Kamel pour son œuvre « Beowulf », le deuxième à Bastandji Mohamed Abdelawaheb et le troisième à Bahri Younes Abdessamad. Dans la catégorie chant et musique, Belata Abdennacer a remporté le premier prix, suivi de Boukhari Zoubir (2e prix) et Adjrou Koceïla (3e prix). Les trois premiers prix récompensant les meilleures œuvres dans la catégorie des arts plastiques sont revenus à Khali Nasreddine pour son œuvre «Emancipation de l’enfance» (1er prix), Hadji Yahia (2e prix) et Imène Kaci Moussa (3e prix). Dans la catégorie cinéma et audiovisuel, le premier prix a été attribué à Bouneb Khaled pour son court-métrage «Cocotta », suivi de Karoun Lounes et Djellouli Ali qui ont remporté respectivement les deuxième et troisième prix.