Après la mise sous mandat de dépôt des deux anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que l’arrestation de Amara Benyounes, ex-ministre et président du Mouvement populaire algérien (MPA), il est attendu que d’autres anciens ministres et walis soient auditionnés dès la semaine prochaine par le juge d’instruction près la Cour suprême. La semaine prochaine marquera l’acte II d’une longue série d’auditions, dont les principaux mis en cause ont été cités dans l’affaire de Haddad et de Tahkout, alors que l’affaire des Kouninef suit son cours au niveau de la Cour d’Alger.
La liste est encore longue. Le Tribunal de Sidi M’hamed a ouvert une instruction à l’encontre de près de 70 personnes citées dans l’affaire Ali Haddad, alors que les auditions de Mahieddine Tahkout ont ouvert la voie à d’autres enquêtes impliquant plus d’une centaine de personnes. Il faut s’attendre à ce que d’autres anciens ministres et walis passent dès la semaine prochaine devant le juge d’instruction près la Cour suprême. Ils seront tous auditionnés sur des affaires de corruption, de trafic d’influence, d’abus de pouvoir et d’octroi d’indus avantages. En application des dispositions de l’article 573 du code de procédure pénale, « le Parquet général près la Cour d’Alger avait transmis au Procureur général près la Cour suprême plusieurs dossiers d’enquêtes préliminaires, instruites par la police judiciaire de la Gendarmerie nationale d’Alger, pour des faits à caractère pénal, à l’encontre des nommés Zaâlane Abdelghani, Tou Amar, Talaï Boudjemaa, Ghoul Amar, Benyounès Amara, Bouazgui Abdelkader, Djoudi Karim, Bouchouareb Abdesslam, Zoukh Abdelkader, Khanfar Mohamed Djamel, Sellal Abdelmalek et Ouyahia Ahmed », avait annoncé le Parquet général près la Cour d’Alger dans un communiqué. « En raison de leurs fonctions au moment des faits, les susnommés bénéficient de la règle du privilège de juridiction consacrée par le texte de cette loi », avait-on précisé. Après une semaine marquée par plus d’une surprise, dont la mise sous mandat de dépôt de Ahmed Ouyahia et de Abdelmalek Sellal, tous les deux ont eu à exercer les fonctions de Premier ministre, et de Amara Benyounès, et auparavant de Mahieddine Tahkout et plusieurs membres de sa famille, la Cour suprême devrait ouvrir dès cette semaine d’autres gros dossiers en relation avec des faits de corruption et de trafic d’influence. Selon des indiscrétions, l’ancien ministre des Travaux publics, Amar Ghoul, devrait comparaître dès cette semaine devant le juge d’instruction près la Cour d’Alger en premier lieu avant que son dossier ne soit transmis au juge d’instruction près la Cour suprême. L’ancien ministre de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbès devrait comparaître, lui aussi, devant le juge d’instruction près la Cour d’Alger. L’ex-ministre de l’Agriculture Saïd Barkat devrait subir le même sort. Ces deux derniers bénéficiaient jusqu’ici de l’immunité parlementaire et sa levée depuis la semaine dernière préludait à la mise en instruction des deux anciens ministres de Abdelaziz Bouteflika. La Cour suprême aura à traiter les dossiers d’enquêtes préliminaires dont elle a été destinatrice concernant Abdelkader Bouazgui, ex-wali et ancien ministre de l’Agriculture, et Abdesselem Bouchouareb, ancien ministre de l’Industrie et des Mines. Ces deux derniers étant actuellement à l’extérieur du pays, il est fort possible que le juge procède au lancement d’un mandat d’arrêt international à leur encontre. Il est attendu également que la Cour suprême ouvre le dossier dans lequel sont impliqués Karim Djoudi et Amar Tou, respectivement ancien ministre des Finances et conseiller de Abdelaziz Bouteflika et ex-ministre des Transports. Outre les anciens ministres, il est attendu que la Cour suprême convoque bientôt deux walis, dont un en exercice. Il s’agit de l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh et de l’actuel wali d’El Bayadh, Mohamed Djamel Khanfar. Il est prévu également que le patron de Sovac, Mourad Oulmi, mis en garde à vue depuis jeudi dans le cadre d’une enquête préliminaire, passe devant le juge d’instruction près la Cour d’Alger. C’est dire que la justice ne va pas chômer dans les jours à venir compte tenu du nombre d’affaires qui font l’objet actuellement soit d’une enquête préliminaire auprès de la brigade spécialisée de la Gendarmerie nationale soit d’une instruction au niveau de l’institution judiciaire.