Les militants tant du Rassemblement national démocratique (RND) que ceux du Mouvement populaire algérien (MPA) sont sous le choc.

Le juge d’instruction près la Cour suprême, qui a ordonné, jeudi soir, le placement de l’ancien ministre du Commerce, Amara Benyounès, en détention provisoire à la prison d’El Harrach à Alger, tout comme la mise sous mandat de dépôt, mercredi de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia a fortement ébranlé les militants des deux partis. Contactés par nos soins, les militants et cadres de ces deux formations, membres de l’Alliance présidentielle, avaient du mal à réaliser que la justice a décidé de l’incarcération de leurs chefs respectifs. «Quand Benyounès a été entendu dans l’après-midi par le juge d’instruction près la Cour suprême, on pensait que c’était uniquement en tant que témoin», note un cadre du MPA d’Alger. Selon lui, «le fait que l’audition de Benyounès ait duré jusque tard dans la journée, nous avait laissé penser qu’il donnait des détails aux juges en tant que témoin seulement dans des affaires de corruption, impliquant plusieurs responsables ». Un autre cadre du MPA de Tizi Ouzou soutient qu’« au parti, on est resté sans voix quand on a su que Amara Benyounès a comparu et a été entendu dans le cadre d’une enquête sur des affaires de corruption, de dilapidation de deniers publics, d’abus de fonction et d’octroi d’indus privilèges». «Comment voulez-vous qu’on réagisse publiquement à ce genre de chefs d’inculpation ? », a-t-il interrogé, avant de soutenir que les « militants sont tétanisés par l’incarcération de Benyounès et surtout par les chefs d’inculpation qui lui sont reprochés ».

Les cadres et militants du RND, eux aussi, sont encore sonnés
Trois jours après la décision du juge d’instruction près la Cour suprême, d’ordonner, mercredi, le placement de l’ex-Premier ministre en détention provisoire, ils sont sous le choc. « Nous sommes atterrés et stupéfaits devant cette décision », lance avec dépit un membre du conseil national du RND. Selon lui, « il devait comparaître uniquement en tant que témoin». «Ce n’est pas la première fois que la justice sollicite les lumières et l’expertise d’Ouyahia en sa qualité de Premier ministre, qui avait un rapport direct avec l’ensemble des questions gouvernementales », lance-t-il, avant de préciser : « On n’a pas imaginé une seule seconde qu’il allait être incarcéré. » Un autre membre du conseil national, cadre de la wilaya d’Alger, explique la difficulté des militants RND de commenter la décision de la justice : «Les faits reprochés à notre patron sont lourds», lâche-t-il. L’autre personnalité ayant comparu devant la justice et qui a suscité beaucoup de stupéfaction est l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Ce dernier qui s’est présenté, jeudi matin, devant le juge d’instruction près la Cour suprême à Alger, pour être entendu dans le cadre d’une enquête dans des affaires de corruption, n’a pas suscité de réactions auprès du Front de libération nationale (FLN). « Au FLN, on laissera la justice faire son travail », nous dit-on.