Le Parlement a été destinataire, hier, de deux demandes de levée d’immunité parlementaire par le Procureur de la République. La première concerne le Conseil de la nation (Sénat), auquel la justice a demandé de procéder à la levée de l’immunité parlementaire de l’ex-ministre des Travaux publics et actuel sénateur Amar Ghoul. « La demande de levée de l’immunité parlementaire de Amar Ghoul est arrivée au Sénat et c’est officielle parce que, contrairement aux autres personnalités que la justice peut convoquer, ces deux parlementaires sont prémunis contre toute action compte tenu de leur immunité», explique un sénateur à Reporters. La seconde concerne la procédure de levée de l’immunité parlementaire du député et ex-ministre des Transports Boudjemaâ Talai.
Pour rappel, c’est le Parquet général de la Cour suprême qui a entamé la procédure contre de hauts responsables soupçonnés d’être impliqués dans des affaires de corruption qui est à l’origine des demandes de levée de l’immunité parlementaire. Il faut dire que la justice a décidé d’entamer des poursuites contre un ensemble d’anciens hauts responsables dans la foulée du mouvement populaire née du 22 février dernier. Ces responsables sont cités dans des affaires « punies par la loi relatives à la conclusion de marchés publics et de contrats contraires à la réglementation et les lois en vigueur ». En effet, la procédure ciblant Talai est similaire à celle de nombreux hauts responsables mise en branle par un communiqué de la Cour suprême. Par ailleurs, et s’agissant de Saïd Barkat et Djamel Ould Abbès, deux anciens ministres auxquels la justice a aussi requis une levée de l’immunité parlementaire, ces derniers ont décidé de se départir par eux-mêmes de cette immunité. En effet, ces deux anciens ministres et actuels sénateurs du tiers présidentiel ont déposé des demandes écrites auprès du bureau du Conseil de la nation pour renoncer volontairement à leur immunité parlementaire, pour permettre à la justice d’exercer ses prérogatives constitutionnelles. C’est, en effet, dans l’objectif d’éviter la séance du bureau du Sénat programmée le 19 juin prochain pour trancher la question que Saïd Barkat et Djamel Ould Abbès ont décidé de se départir de leur immunité. « Dans tous les cas de figure, le Sénat devait lever l’immunité parlementaire à ces deux ex-ministres en raison des accusations de corruption qui pèsent sur eux dans leur gestion d’un dossier en rapport avec la solidarité nationale. Et c’est pour éviter l’humiliation devant leurs pairs qu’ils ont pris les devants en décidant de se soumettre eux-mêmes à la justice ». Selon des sources judiciaires, il est attendu que d’autres demandes de levée d’immunité parlementaire pour d’autres responsables.