Après quatre réunions de travail, dont la première a été entamée le 18 mai dernier, et des heures interminables de concertations, les différentes dynamiques de la société civile en charge de la préparation de la conférence nationale de la société civile, prévue ce samedi, sont enfin arrivées à finaliser une feuille de route commune consensuelle pour une éventuelle sortie de crise. En effet, c’est suite à une longue séance de travail, mardi dernier, de plus de neuf heures, que la commission mixte de travail – regroupant les trois pôles initiateurs de l’action, à savoir le Collectif des dynamiques de la société civile pour une transition pacifique et démocratique, le Forum civil pour le changement et la Confédération des syndicats algériens – a réussi à trouver un consensus.
«Nous sommes près de 70 syndicats, organisations et associations, et nos divergences d’opinions étaient prévisibles, surtout que nous regroupons différentes sensibilités. Mais il a fallu faire des compromis de part et d’autre pour arriver à une feuille de route commune pour un projet commun », a indiqué Meziane Meriane, secrétaire général du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest). Concernant le contenu de cette feuille de route tant attendue, le syndicaliste a annoncé qu’il sera dévoilé samedi, lors de la conférence nationale de la société civile. «On ne peut dévoiler un projet qui est en chantier. Déjà que nous avons eu beaucoup de peine à trouver un consensus… La feuille de route sera dévoilée au moment opportun et soumise à débat avant d’être présentée aux partis politiques», a-t-il indiqué. Concernant le lieu qui abritera cet événement tant attendu et qui regroupera plus de 400 personnes, « 30 personnes pour chacune des 71 organisations », le syndicaliste a indiqué que des demandes ont été introduites pour bénéficier d’une salle. « Nous avons installé une commission chargée de la préparation de la conférence nationale de la société civile, c’est à elle de se charger de tout ce qui est logistique. Mais je pense qu’au pire des cas, si on n’arrive pas obtenir une salle, nous allons l’organiser dans le siège de l’un des participants, à l’instar du Cnapeste qui a, à maintes reprises, mis son siège à notre disposition », a déclaré Meziane Meriane.
Travaillant ensemble depuis le 18 mai dernier, date de leur première rencontre, les différentes dynamiques de la société civile ont réussi jusque-là à relever un véritable challenge, celui de dialoguer et de collaborer pour la mise en place d’un projet politique consensuel pour une sortie de crise. Même si l’ensemble des organisations étaient d’accord sur la nécessité d’amorcer une période de transition, de nombreux points de divergences ont été relevés durant les quatre réunions de travail qui ont eu lieu, notamment sur la constituante mais aussi les mécanismes de cette période de transition.
S’accordant sur le fond et non sur la forme, les organisateurs ont dû, cette fois, mettre leurs désaccords de côté et faire des compromis pour assurer la réussite de leur projet. Pour Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme, les dynamiques de la société civile n’avaient nul autre choix que de s’entendre sur un projet commun pour être en phase avec l’essence même du mouvement populaire qui a, selon lui, trouvé son « consensus dans la rue ».<