La ministre de la Culture Meriem Merdaci a annoncé, mardi dernier, des changements à la tête de nombreuses manifestations culturelles internationales, ainsi que d’autres annonces concernant la gestion du secteur culturel en Algérie, à l’occasion de la conférence de presse qu’elle a animée au Palais de la culture Moufdi-Zakaria à Alger en présence des cadres de son ministère.

A propos de l’année 2019, devant être marquée par l’organisation d’un total de dix-sept festivals internationaux, dont six dans la seule capitale Alger, la ministre de la Culture a précisé que ces «révisions» dans l’organisation des festivals culturels avaient été décidées en concertation avec les cadres du secteur et avaient pour objectif de «garantir une bonne organisation».
Il s’agit dans le détail de plusieurs festivals internationaux qui voient le changement de leurs direction, notamment le Festival international de la musique andalouse et des musiques anciennes (FestivAlgérie) avec pour commissaire Youcef Azaizya en remplacement de Aïssa Rahmaoui, la désignation du réalisateur Djamel Eddine Hazourli, en tant que commissaire du Festival de Annaba du film méditerranéen (FAFM), en remplacement du réalisateur Saïd Ould Khalifa, ainsi que le Festival international de Samaâ soufi, avec la désignation de Ben Hmed Mohcer en tant que commissaire en remplacement de Driss Boudiba, et la nomination de Ahmed Ben Saban en remplacement de Brahim Seddiki au Festival du film arabe d’Oran. La ministre de la Culture a également annoncé le retour du Festival international d’Abalessa-TinHinan avec la nomination de Hamoud Amerzagh en tant que commissaire. Il est à noter que les festivals les plus emblématiques de la capitale gardent à leur tête les mêmes commissaires, à l’instar du Festival international de la musique symphonique, le Festival international de la bande dessinée (Fibda), le Festival international du film engagé d’Alger (Fica) et le Festival international du livre et de la littérature jeunesse «Feliv», dont la dernière édition avait été reportée faute de moyens financiers.

Festivals internationaux pour Laghouat et Miliana

La ministre de la Culture Meriem Merdaci a aussi annoncé, à l’occasion de la conférence de presse du mardi 11 juin, le transfert du Festival international de la musique andalouse et des musiques anciennes d’Alger vers la ville de Miliana, dans la wilaya d’Aïn Defla, et le transfert du Festival international de Samaâ soufi de Sétif vers Laghouat. Abrité à Alger, depuis son institution le 6 mai 2006, le Festival international de la musique andalouse et des musiques anciennes sera transféré à la ville de Miliana à partir de l’année prochaine. Pour rappel, la ville de Miliana avait accueilli, au mois de juillet 2018, le Festival national de musique andalouse baptisé «Layali Miliana Andaloussia» après 14 ans d’absence, sur l’initiative de l’association «Eziriya El Andaloussia » de Miliana dont le président Youcef Azaizya n’est autre que le nouveau commissaire de « FestAlgérie»
Toutefois, avec la forte affluence du public dans l’espace de l’opéra, qui compte plus de mille places et qui a affiché archi-comble lors de certaines soirées de la dernière édition du «Festalgérie», la question qui se pose aujourd’hui est de savoir qu’elle est l’infrastructure qui abritera cette manifestation d’une dimension nationale. Sachant que «Layali Miliana Andaloussia» se sont déroulées en plein air dans la grande cour du lycée Mohamed-Abdou et au Théâtre communal Mahfoud-Touahri de Miliana. De même la deuxième ville de l’intérieur ayant bénéficié de l’organisation d’un festival international est la ville de Laghouat. En effet, le Festival international de Samaâ Soufi, abrité par la ville de Sétif depuis son institution le 25 février 2009, sera transféré à la wilaya de Laghouat. Cette ville et sa région sont de hauts lieux confrériques connus notamment pour leur tradition soufie, dont les racines plongent dans les temps les plus anciens. Le transfert de ces deux importantes manifestations culturelles vers des villes de l’intérieur du pays a pour principal ambition de palier une certaine forme de désert d’animations artistiques en dehors des grandes villes et aspire aussi à dynamiser les secteurs autant culturels mais également économiques et touristiques.
En outre, concernant la gestion des festivals, Meriem Merdaci a aussi annoncé la création d’une commission ministérielle pour l’évaluation et l’accompagnement de l’organisation des festivals culturels et artistiques. Cette commission devra, selon la ministre, coordonner et accompagner les commissaires dans l’organisation des manifestations culturelles et artistiques «afin d’éviter les problèmes susceptibles d’entraver leur bon déroulement», rapporte l’APS. Elle a aussi mis l’accent sur « l’impérative implication de la société civile dans l’organisation des festivals organisés dans leur wilaya », ajoute la même source.

Mohamed Iguerb à la tête du Sila dont l’accès reste gratuit
Lors de cette conférence de presse, la ministre de la Culture a également annoncé le remplacement du commissaire du Salon du livre d’Alger (Sila), Hamidou Messaoudi, par son ancien collaborateur Mohamed Iguerb, considéré comme l’une des chevilles ouvrières du Sila depuis des années. Une décision que Hamidou Messaoudi, par ailleurs, directeur de l’Enag, a commenté, hier, en déclarant qu’il s’agissait «d’une décision souveraine de Madame la ministre, j’ai été remplacé par une autre responsable (…) cela est tout à fait normal». Ajoutant que les discussions avant l’annonce de la décision avaient duré « deux ou trois jours».
Ce changement à la tête du Sila intervient au lendemain de la diffusion, par certains organes de presse d’informations, faisant état de l’instauration d’un accès payant aux futures éditions du Sila. Une rumeur que la ministre de la Culture a démentie, mardi dernier, en soulignant que l’accès «sera bel et bien gratuit». Précisant que cette question avait néanmoins fait l’objet de débats lors de plusieurs sessions de travail.

Prix du chef de l’Etat Ali-Maâchi des jeunes créateurs
La cérémonie de la remise du Prix du chef de l’Etat Ali-Maâchi des jeunes créateurs, organisée habituellement chaque année le 8 juin, à l’occasion de la célébration de la Journée de l’artiste, a été reportée cette année à ce jeudi 13 juin. La ministre de la Culture a souligné que le report de cette cérémonie, qui se déroulera à l’Opéra d’Alger, s’explique par le fait que le 8 juin coïncidait avec le jour de l’Aïd el Fitr. Elle a aussi indiqué que les lauréats de l’édition 2019 sont sélectionnés par un jury composé de quatorze membres et présidé par le musicologue Salim Dada. Ajoutant que le nombre d’œuvres participant à ce prix était de l’ordre de 279 dans les domaines de la poésie, du théâtre, du roman, du cinéma, de la musique, de la danse et des arts plastiques.
Par ailleurs, évoquant la saison estivale qui a débuté le 1er juin en cours, la ministre a souligné que les activités programmées prennent en compte les spécificités de chaque région les abritant et répondent aux aspirations des différents publics.