La Coupe d’Afrique des nations 2019, qui se tiendra du 21 juin au 19 juillet en Egypte, sera inédite. Elle sera la première à réunir 24 sélections. Un lifting qui prolongera le tournoi, permettra à des équipes de second plan de participer à la fête continentale et rapportera plus d’argent à la Confédération africaine de football (CAF). Seulement, le mode de la phase à élimination directe présente quelques incohérences. Mêmes les leaders des groupes pourraient être désavantagés. Lecture.

Le risque était de faire un peu du n’importe quoi en réformant. La CAF a décidé d’agrandir la CAN en ajoutant huit prétendants. Un passage de 16 à 24 participants qui a obligé l’instance confédérale à trouver une nouvelle mouture pour ce prestigieux évènement. Pour commencer, il a été décidé de scindé les postulants en 6 poules de 4. Au terme du premier tour, 16 parmi eux poursuivront la campagne : les deux premiers de chaque poule et les 4 meilleurs troisièmes. Tout cela pour avoir un tour de plus, le huitième de finale en l’occurrence que la messe footballistique enregistrera pour la première fois. Si le premier écrémage ne pose pas vraiment problème, il y a ces 4 meilleurs troisièmes à caser dans la grille de le « knock out round ». Un vrai casse-tête qui vient tout chambouler. Les incohérences sont là. Même le statut de leader de quatuor n’offre pas de confort. C’est dire que l’enjeu financier a plombé l’âme même du jeu et certains privilèges qui ne sont habituellement acquis qu’en décrochant le leadership comme statut.
Temps de repos inéquitable
Il y a quelques mois, avant que l’organisation de ce rendez-vous ne soit réattribuée à l’Egypte à la place du Cameroun, Joseph Antoine Bell avait jugé que « ce passage à vingt-quatre est dans l’ordre des choses, qu’il est acceptable, mais c’est une grosse inflation. La question sportive se pose. Les grosses équipes seront toujours là, sauf catastrophe, et à partir des quarts de finale on retrouvera les meilleures sélections. » L’ancien portier des « Lions Indomptables » précisera que « ce changement de format n’empêchera pas les gros de gagner, qu’on soit seize, vingt-quatre ou quarante. En qualifiant huit équipes de plus, on fait plaisir à certaines fédérations. On amuse la galerie, mais cela ne tirera pas le niveau de la compétition vers le haut. » Oui, avec l’élimination de 8 teams à l’issue des matchs de poules, les grosses cylindrées seront certainement là. Certains petits poucets qui peuvent rêver de réaliser la sensation aussi. Surtout que le calendrier de la CAN peut offrir un élément important : un temps de récupération qui peut aller jusqu’à 5 jours dans quelques cas. Pas anecdotique. Ce facteur pourrait même s’avérer décisif. Et, bizarrement, seul le 1er du groupe « A » aura cet avantage en plus des deuxièmes des quartets « A» et « C ». Plus absurde encore, le 3e de la poule « B », « E » ou « F » pourrait en bénéficier. Cependant, le 3e du quatuor « F » devra jouer le 5 juillet soit 72 heures après la fin du tour initial prévue au 2 juillet. Pour la suite de la compétition, le break sera de 96 heures entre chaque tour pour ces quatre. Très conséquent. Surtout que les autres formations joueront le 6, 7 et 8 juillet avec des quarts fixés au 10 et 11 du même mois alors que les demies sont programmées le même jour soit le 14 juillet et la finale 5 jours plus tard et 48 heures après la petite finale.

Finir seconds serait idéal pour les Fennecs
Pour notre équipe nationale par exemple, finir second dans le quatuor « C » ne serait pas une si mauvaise affaire. C’est même le cas de figure le plus proche sachant que le Sénégal reste favori pour prendre la première place. Ainsi, les camarades de Yacine Brahimi affronteront le deuxième du quartet « A » qui devrait être dominé, sauf grande surprise, par l’Egypte pays hôte. La RD Congo serait la mieux placée pour être son dauphin en présence de l’Ouganda et le Zimbabwe. Et si les Fennecs parviennent à passer l’écueil des huitièmes, ils pourraient affronter soit le leader de la poule « D », où figurent le Maroc et la Côte d’Ivoire notamment, ou le 3e des groupes B, E ou F. Djamel Belmadi, sélectionneur national, aura 5 jours pour préparer son quart. A partir de ce stade, tout deviendra envisageable et la récupération dans le climat très chaud et humide en Egypte pourrait être décisive pour remobiliser les troupes et être frais le jour des matchs. Mais tout cela reste spéculations car il faudra jouer des matchs et gérer beaucoup de paramètres dans une Afrique atypique. A l’image de cette grille de compétition singulière.