Alors que la crise politique est toujours en demande d’un difficile début de règlement, le Chef de l’Etat par intérim Abdelkader Bensalah, a reçu au siège de la Présidence le Premier ministre, Noureddine Bedoui, qui lui a présenté un exposé sur la situation politique, économique et sociale du pays. Une rencontre qui n’est pas exempte de message subliminal selon lequel ces deux personnalités sont bien en place et n’ont pas l’intention de partir comme exigé avec insistance par le mouvement populaire.

Il a été question durant cette entrevue de « l’évaluation du contexte politique au lendemain de l’avis du Conseil constitutionnel et du discours du chef de l’Etat » concernant la nécessité du dialogue comme seul moyen de parvenir à une solution et éviter le scénario du pire. Le lancement d’un « dialogue inclusif » pour débattre de toutes les préoccupations portant sur les prochaines élections présidentielles semble l’objectif principal du pouvoir. Les perspectives ouvertes par cette offre de dialogue et les mesures à prendre pour engager et faciliter les pourparlers envisagés en vue d’arrêter ensemble une feuille de route consensuelle devant conduire à l’organisation du prochain scrutin présidentiel. Il semble évident que le pouvoir veut des élections présidentielles le plus vite possible et surtout les organiser dans un climat « d’entente et de sérénité ». En face, les initiatives pour une sortie de crise commencent à s’échafauder du côté de l’opposition et de la société civile. De bons augures pour la suite de la crise alors que l’impasse semble toujours indépassable tellement les positions demeurent inchangées. Le pouvoir qui semble reprocher, de façon indirecte, au Hirak de ne pas se précipiter vers les voies du dialogue ne pourrait plus user de cet argument. La conférence nationale de la société civile pour une sortie de crise devrait avoir lieu le samedi 15 juin à Alger. Dans une précédente réunion, les participants avaient du mal à dégager un accord sur la feuille de route à présenter à la conférence nationale. Deux tendances s’étaient dégagées alors durant cette réunion. La première prônait une transition démocratique avec l’élection d’une Assemblée constituante, l’autre voulait la tenue dans les meilleurs délais de l’élection présidentielle. Une feuille de route consensuelle de la société civile devrait être révélée incessamment, comme offre de dialogue. Les participants au projet de la Conférence nationale sont nombreux, le Collectif de la société civile pour la transition démocratique, la Confédération des syndicats autonomes (CSA), le Collectif El Amel, qui regroupe les associations religieuses, le Collectif de l’Association des Oulémas algériens, et le Forum civil pour le changement conduit par le réseau Nada. D’un autre côté, une rencontre nationale de l’opposition est prévue à la fin de ce mois de juin à Alger. Les Forces du changement pour le triomphe du choix du peuple, qui regroupent plusieurs personnalités et partis, étudient les modalités d’organisation de cette rencontre qui sera ouverte aux autres partis, syndicats, personnalités nationales, intellectuelles et organisations de la société civile. En attendant un début de contact pour le dialogue, ce vendredi le mouvement populaire battra le pavé pour le 17e vendredi d’affilé. Le mouvement de contestation qui a prouvé sa détermination devrait réitérer son exigence du changement.<