Après une journée de perturbation du transport estudiantin, où l’on a vu les bus talaba, appartenant à Mahieddine Tahkout, à l’arrêt en signe de protestation, de par sa famille suite à sa mise sous mandat de dépôt, les étudiants ont pu hier emprunter leur transport. «Maintenir les bus du transport estudiantin dans les parcs n’était pas une sage décision. Elle a été prise par la famille Tahkout sous le choc. Heureusement, elle s’est rétractée et est revenue à la raison, car on ne peut faire du chantage en prenant en otage des étudiants, d’autant plus qu’ils sont en pleine période d’examens», a indiqué Salah Eddine Daoudji, secrétaire général de l’Union générale des étudiants libres (Ugel). Il n’a pas manqué de souligner qu’il s’agit de l’une des conséquences de la mauvaise gestion des œuvres universitaires. « Nous avons déjà mis en garde les autorités contre les différentes affaires douteuses, relatives à la gestion des œuvres universitaires, y compris le transport estudiantin, dont le marché a été confié à de véritables barons qui se sont constitués d’immenses fortunes. Ce qui s’est produit dimanche dernier est une violation des lois de la République », a-t-il indiqué, appelant la direction des œuvres universitaires à rompre tous les contrats signés avec le sous-traitant Tahkout pour non-respect de la loi. Dans ce sens, le syndicaliste estudiantin n’a pas manqué de saluer les décisions de justice relatives à l’ouverture d’enquêtes au sein du milieu universitaire pour affaires de corruption. «L’université algérienne a longtemps été gangrenée par la corruption, des gens ont amassé de véritables fortunes sur le dos des étudiants. Il est temps que ces personnes répondent de leurs actes», a-t-il conclu. De son côté, le coordinateur national du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), Abdelmalek Azzi, a rappelé avoir dénoncé à plusieurs reprises le mode de gestion des œuvres universitaires. «Le Cnes a été parmi les premiers à souligner la mauvaise gestion des œuvres universitaires, car l’argent censé être versé à l’université algérienne s’est retrouvé dans d’autres poches. J’ai toujours été contre la gestion douteuse de l’université algérienne, mais aussi son mode de fonctionnement et de nomination des responsables. Remplacer Faroul Benklikha, directeur général de l’Office national des œuvres universitaires, par une autre personne est un non-évènement», a-t-il souligné.