La salle des conférences Mouloud-Kacem Naït-Belkacem de l’université Ferhat-Abbas de Sétif a abrité, les 10 et 11 juin, un colloque international sous le thème «Les impacts économiques, sociétaux et environnementaux du recyclage des déchets dans le cadre de l’application des principes du développement durable ».

De nombreux chercheurs venus de 26 universités nationales mais aussi de France et de Tunisie ont pris part aux travaux de cette rencontre, qui a vu la participation des professionnels dans le domaine de la gestion des déchets. Lors de cette manifestation scientifique, quatre axes principaux ont été abordés, à savoir l’économie circulaire, un nouvel instrument pour le développement durable, les différents effets du recyclage, état des lieux des programmes, des politiques de gestion et de recyclage des déchets et les mécanismes de développement du secteur de gestion et de recyclage. Selon les organisateurs, ce colloque vise à renforcer le dialogue entre les chercheurs et les acteurs opérationnels de la gestion des déchets (collectivités locales, entreprises, experts, associations, etc.). Dans son intervention intitulée « Le rôle de l’Agence nationale des déchets », la directrice de développement de l’économie verte, Mme Asma Amel, a tenu à souligner que l’Algérie doit aller vers l’économie circulaire. « L’Algérie produit 13,1 millions de tonnes de déchets ménagers par an, soit 310 kilogrammes par habitant/an. Près de 65% de ces habitants se trouvent sur le littoral. Le manque de terrain pour l’enfouissement des déchets se posera avec acuité dans les prochaines années. Chaque habitant a besoin d’un mètre cube chaque année, 400 hectares au total chaque année », a-t-elle expliqué. Selon les statistiques données par l’intervenante, les déchets en plastique sont en hausse. En effet, les déchets en plastique ont passé de 12% en 2010 à 17% en 2014. Selon toujours l’oratrice, le ministère de l’Environnement et des Energies renouvelables a mandaté l’Agence nationale des déchets (AND) pour mener trois projets avec des partenaires étrangers. Il s’agit du projet d’Appui à la gestion intégrée des déchets (AGID) qui s’inscrit dans le cadre d’une coopération algéro-belge. « Ce projet a été lancé en 2016 pour trois wilayas pilote de l’Ouest du pays, à savoir Mascara, Sidi Bel Abbès et Mostaganem », ajoute-t-elle. Par ailleurs, un autre projet pour l’étude de faisabilité de la création d’un centre intégré de gestion des déchets à Hamici, à Alger, dans le cadre d’une coopération entre l’Algérie et la Corée du Sud et un autre projet de valorisation de la gestion des déchets à faible émission de gaz à effet de serre, conclu entre l’Algérie et des partenaires canadiens. Pour le financement de ce dernier projet, une enveloppe de 32 millions d’euros a été dégagée pour concrétiser ce projet à Constantine. La représentante de l’AND n’a pas manqué de souligner que la récupération des déchets d’emballage valorisable va permettre de réaliser un gain de 38 milliards de dinars chaque année. Parmi les communications présentées lors de cette rencontre scientifique, on cite la communication intitulée « Transition d’une économie linéaire vers une économie circulaire » exposée par le Pr Djellouli Yamna de l’université le Mans (France). Par ailleurs, le Dr. Mehamli Amara de l’université d’Aix Marseille (France) a, quant à lui, présenté une communication intitulée « Modification des comportements pour l’adoption de l’économie circulaire ». n