En matière d’échanges agricoles, l’Algérie voit grand et souhaite placer des produits sur des marchés lointains tels que la Chine ou encore la Russie. Elle ne peut, cependant, le faire que si les mesures législatives (documents sanitaires et phytosanitaires) nécessaires à l’importation et à l’exportation sont mises en œuvre. Le pays vient de faire un premier pas dans cette direction en projetant d’établir un certificat sanitaire vétérinaire avec la Chine.
L’annonce a été faite, hier, par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Cherif Omari. L’Algérie, a-t-il expliqué, a adopté plusieurs certificats sanitaires vétérinaires avec de nombreux pays et compte le faire avec d’autres pays asiatiques tels la Chine et le Vietnam. Le ministre s’exprimait en marge d’une cérémonie de signature d’un accord avec la FAO. Il a assuré que son ministère travaille en étroite collaboration avec celui du Commerce pour accompagner les opérateurs économiques sur les marchés internationaux. Cherif Omari a, ainsi déclaré que l’Algérie cible «les pays asiatiques, qui représentent des marchés prometteurs» pour les exportateurs nationaux. Cela devrait permettre au pays de diversifier ses fournisseurs en produits alimentaires et de placer ses produits agricoles sur les marchés extérieurs. L’Algérie s’apprête ainsi à introduire un certificat pour les échanges agricoles avec la Chine et à faire avancer les discussions sur les certificats sanitaires avec la Russie. Il s’agit là de deux grands marchés où le pays dispose d’un point de chute de longue date, mais dont il n’a pas pu (ou su) en tirer profit, les échanges commerciaux, de manière générale, ayant toujours été à l’avantage de la Chine et de la Russie. Pourtant, l’Algérie et ces deux pays ont hissé la coopération au rang de partenariat stratégique. Cela devrait permettre d’assurer des échanges commerciaux fluides à double sens et pas à sens unique. Aussi, des efforts de part et d’autres contribueraient sans aucun doute à consolider et à améliorer davantage la coopération et les échanges bilatéraux. Pour le moment, la partie algérienne reste frileuse, alors que les Russes font un forcing pour exporter plus vers l’Algérie. Moscou vient d’ailleurs de réussir à faire aboutir des négociations autour d’un accord avec Alger permettant aux entreprises russes d’exporter les produits laitiers, la viande bovine et ses sous-produits vers l’Algérie. L’accord a été signé, il y a quelques jours à Paris, en marge de la 87e session générale de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), selon un communiqué de la direction de surveillance du ministère russe de l’Agriculture (Rosselkhoznadzor). Seules les entreprises répondant aux conditions pourront exporter. Les livraisons de ces produits à l’Algérie pourront commencer immédiatement après la réception et la publication des certificats vétérinaires par Rosselkhoznadzor sur son site officiel, signés par la partie algérienne. Seules les entreprises russes contrôlées par Rosselkhoznadzor et répondant aux exigences de qualité de l’Algérie seront autorisées à exporter. Durant les quatre premiers mois de l’année 2019, l’Algérie avait importé 28 000 tonnes de viande rouge, soit près de 70 000 têtes bovines. Contrairement à l’Algérie, la Russie, un pays à fort potentiel agricole, ne connaît pas de problèmes d’offre pour une large palette de produits agricoles.<