Après avoir entamé, lundi, la semaine en recul par rapport à la clôture de vendredi, le baril de pétrole se stabilisait dans un marché marqué par l’évolution des événements de ces dernières semaines d’une croissance économique mondiale en perte de vitesse et donc moins demandeuse de brut.
A la mi-journée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 62,30 dollars à Londres, en hausse d’un cent par rapport à la clôture de la veille, alors qu’à New York, le baril américain de WTI WTI pour le contrat de juillet gagnait 44 cents à 53,70 dollars. « Les inquiétudes grandissantes relatives à la demande et les faiblesses de l’économie mondiale vont peser sur les prix à court terme », a estimé Benjamin Lu, analyste chez Phillip Futures. Déjà inquiets des tensions commerciales, les investisseurs voient désormais s’accumuler les signaux d’affaiblissement de la croissance mondiale, ce qui pourrait peser sur la demande. Sans pouvoir prévoir comment vont évoluer les prix, « tout ce que nous pouvons faire est d’analyser les deux plus grands facteurs qui pèsent sur les cours du pétrole, à savoir l’Opep+ et la politique étrangère américaine », a commenté Tamas Varga, analyste chez la société de courtage PVM. Les décisions de Washington sur les conflits commerciaux pèsent, en effet, sur les perspectives de demande, mais les sanctions infligées à deux grands exportateurs de pétrole, l’Iran et le Venezuela, font diminuer l’offre. Quant à l’Opep+, cette alliance des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et d’autres producteurs, dont la Russie, doivent décider dans les prochaines semaines de renouveler ou non leur accord de limitation de la production. Après s’être retrouvés à Moscou, lundi, les deux piliers de l’accord, les ministres russe et saoudien de l’Energie, ont affirmé que les négociations continueraient notamment lors du G20, fin juin au Japon. Pour M. Varga, « une extension est probable » mais « le terme est vague, puisqu’on ne sait pas quels niveaux de production seraient adoptés». Pour rappel, la position russe semble se diriger vers la reconduction de l’accord Opep+. Après avoir laissé planer le doute sur la possibilité de ne pas réduire sa production pour le second trimestre de 2019, Moscou a changé de discours et laissé entendre qu’elle se dirige vers l’option de l’Opep et les autres exportateurs de pétrole qui ont déjà exprimé leur objectif de se retrouver à Vienne, début juillet, pour prolonger l’accord en cours depuis le 1er janvier dernier.
Le ministre russe de l’Energie Alexandre Novak a constaté qu’« il existe actuellement de grands risques de surproduction » et que « nous devons tout analyser pour prendre une décision équilibrée en juillet », en prévision de la réunion de l’Opep+ de renouveler ou non son accord pour le second semestre de l’année en cours. Dans la même logique, le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a insisté sur la nécessité de reconduire l’accord, sans quoi «les prix peuvent chuter sous les 40 dollars et jusqu’à 30 dollars », a-t-il averti dimanche.<