La galerie Ifru.Design, d’Alger, accueille, depuis dimanche dernier, l’exposition de l’artiste Kenza Djouama intitulée «Azar» (racines en tamazight). Il s’agit d’illustrations artistiques de pensées, de réflexions profondes sur la vie, sur notre quotidien et ses mutations. L’exposition, qui se poursuivra jusqu’au 19 juin prochain, met en scène, au centre des croquis et carnets d’essais, sept dessins de grand format réalisés à l’encre de Chine. L’artiste y présente sur un fond blanc presque minéral, à la fois, des personnages humains et des végétaux. «Chacun d’eux étant nous. Le reflet d’une histoire réelle ou imaginaire, d’une rencontre et d’un ressenti…», explique l’artiste. Des œuvres qui devraient également donner lieu prochainement, espère l’artiste, à la publication d’un recueil de poésie, fruit de deux ans de travail, intitulé «Pensées vagabondes». Lors du vernissage, qui a attiré de nombreux visiteurs, Kenza Djouama nous expliquera que ce rendez-vous, premier du genre en Algérie, était pour elle une nouvelle étape de son parcours. Les sept tableaux actuellement exposés par la galerie Ifru.Design, intitulés notamment «Belladonna», «Mes racines» ou encore «Le jardin des femmes», sont inspirés «par la nature, l’être humain, mon quotidien et les personnes qui m’entourent. Mais aussi par ce milieu urbain que j’essaye de fuir parfois (…) Peut-être est-ce pour cela que j’ajoute souvent des fleurs, des branches, à mes dessins». Ajoutant à ce titre que chaque dessin est une histoire. L’une des œuvres, intitulée «La révolution en marche» donne un écho particulier à l’actualité du pays. «Ce qui se passe actuellement, dira l’artiste, m’a aussi permis d’enrichir l’exposition. Durant la première manifestation j’ai rencontré une personne qui a fait le choix de sortir pieds nus, cela m’a touché et il m’a raconté son histoire (…) Cette rencontre a donné lieu à un tableau et un poème». L’artiste, autodidacte, nous a confié qu’elle a été initiée par un entourage où l’art à toute sa place, et que son père est peintre, et que «ses peintures, sa palette de couleurs, son travail » l’ont attirée dès l’enfance. Elle nous précisera qu’elle a réalisé ses premières œuvres durant l’adolescence, déjà inspirées par le travail d’artistes tels que Salvador Dali, Baya ou René Magritte, et qu’elle «travaille principalement dans le surréalisme et l’abstrait». Une passion pour les arts, qu’elle a par ailleurs partagée lors de sa participation au festival Raconte-Arts, en animant notamment des ateliers d’initiation au dessin pour enfants, ainsi qu’à travers des lectures publiques de poèmes, ou encore lors de sa participation à deux manifestations dédiées aux arts, organisées au Maroc et en Tunisie. Kenza Djouama œuvre aussi à la publication d’un recueil de poêmes, réunissant les textes à l’origine des tableaux. Elle dit à ce sujet avoir «travaillé sur le recueil durant deux ans. Il est en quelque sorte mon âme. J’y présente en quatre chapitres des textes, des illustrations, qui sont des histoires souvent véridiques, parfois imaginaires» Elle indique qu’elle est actuellement à la recherche d’un éditeur spécialisé.n