Le Front des forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) se sont, comme convenu, rencontrés hier à Alger, dans le cadre des consultations engagées par le plus vieux parti de l’opposition pour l’organisation d’une conférence nationale de dialogue et de concertation. La rencontre entre les deux partis de l’opposition, appelés «frères ennemis», peut même être qualifiée d’historique tant la dualité entre les deux formations est de notoriété.

«Face et contre le statu quo politique que les décideurs de notre pays veulent perpétuer et dans le sillage de la formidable révolution populaire dans laquelle nous nous sommes inscrits et engagés dès son éclosion, notre parti a initié depuis quelques semaines des rencontres de concertation avec les partis politiques, organisations sociales et personnalités nationales», a affirmé le premier secrétaire national du FFS, Hakim Belahcel, dans une déclaration à Reporters.
Il a expliqué que les échanges politiques entrepris par le parti «sont destinés à expliquer notre initiative politique de sortie de crise pour l’avènement de la deuxième République et, surtout, insister sur la nécessité d’aller vers une conférence nationale de dialogue et de concertation sans préalables, afin de jeter les bases d’un pacte politique consensuel nécessaire pour aborder les prochaines étapes du processus de transition démocratique en Algérie». Entre temps, le FFS prépare «une première rencontre qui précédera la conférence nationale et qui servira de socle de travail à cette dernière», a fait savoir M. Belahcel, révélant qu’il prévoit l’organisation de cette rencontre avant la fin juin.
C’est donc dans l’objectif d’organiser cette rencontre, comme prélude à la conférence souveraine de concertation et de dialogue, que le FFS accélère le rythme des consultations avec les autres partis et les personnalités.
Durant la matinée d’hier et avant la rencontre qui a eu lieu l’après-midi avec le RCD, les dirigeants du FFS ont tenu d’autres consultations dans la wilaya de Tizi Ouzou où ils ont reçu au siège fédéral le « camarade Djamel Zenati, directeur de la campagne électorale de feu Hocine Aït Ahmed lors des élections présidentielles de 1999», a indiqué le FFS dans un communiqué rendu public à l’issue de la rencontre.
«Les discussions ont exploré la situation politique du pays, les perspectives de sortie de crise et le processus de transition démocratique», a ajouté le parti, soulignant que «le camarade Djamel Zenati a réitéré son attachement sans faille au FFS et à ses valeurs et son engagement à contribuer activement dans le travail amorcé par notre parti». Dans la même dynamique de poursuite des consultations, «une délégation du FFS, conduite par le premier secrétaire national, a été reçue par le RCD représenté par son président, Mohcine Belabbas, et des cadres de sa direction. Les discussions ont porté sur la situation politique dans le pays ainsi que les perspectives de transition démocratique et la construction d’un Etat de droit», a-t-on appris auprès de M. Belahcel, qui a qualifié la rencontre avec le RCD de «très positive» et ajouté que les deux partis ont convenu de «travailler ensemble, sans aucun leadership, dans l’intérêt suprême du pays». «Par soucis de transparence, nous avions déjà communiqué sur les premières rencontres que nous avions eues avec les partis politiques, organisations sociales et personnalités nationales. Ces échanges ont été très instructifs et prometteurs, mais ils doivent être consolidés et rentabilisés», a conclu M. Belahcel.
Durant la journée d’avant-hier, le FFS avait indiqué avoir reçu le président du parti Nida El Watan, Ali Benouari. «Les discussions ont traité la situation politique dans le pays ainsi que les perspectives de transition démocratique et la construction d’un Etat de droit», a souligné le parti, ajoutant que les deux parties «ont échangé aussi sur l’initiative politique de sortie de crise proposée par le FFS».