L’appareil judiciaire vit au rythme d’une succession de poursuites jamais vécue avec des arrestations et convocations de personnalités publiques et autres anciens titulaires de hautes fonctions de l’Etat. Des poursuites et condamnations accompagnées par une succession de nominations à un rythme tout aussi inédit.
Sans préjuger les intentions des uns et des autres, cette accélération n’a pas laissé indifférents. Elle suscite en effet des interrogations que d’aucuns qualifient de légitimes.
Une accélération qui a fait dire à certains qu’il ne s’agirait que d’une opération spectaculaire alors que d’autres croient à une véritable opération mains propres qui traqueraient des responsables et autres hommes sur lesquels pèseraient des soupçons de malversations ou de biens mal acquis.
Tout comme les voies multiples de solutions suggérées devant la crise politique et institutionnelle que traverse le pays depuis quatre mois qui restent inconciliables jusqu’à présent, les avis sur cet emballement judiciaire sont diamétralement opposés.
Il y a en effet des voix qui se réjouissent de voir la justice convoquer des personnalités considérées comme intouchables il n’y a pas si longtemps. D’autres voix, par contre, expriment des appréhensions quant aux intentions qui se cacheraient derrière une accélération des faits dans le secteur de la Justice.
Les noms et le poids des mis en cause et de ceux déjà mis en prison n’ont fait que renforcer ces appréhensions.
Les doutes, à ce niveau, sont vraisemblablement partis pour durer, tant les signes d’une solution à la crise ne sont pas encore à l’ordre du jour.
En attendant que le pouvoir et l’ensemble des acteurs politiques de la scène nationale envoient des signes de convergence quant à la solution idoine à apporter, c’est le monde de l’économie, structurellement mal assis, qui subit davantage les effets de la classe politique.
Les spécialistes du droit des affaires n’ont pas manqué, depuis, d’alerter quant à cet impact négatif qu’aurait cet emballement sur l’acte d’investir en Algérie, que ce soit à l’adresse des hommes d’affaires nationaux ou étrangers.
Mais pour l’heure, il ne fait point de doute que ces appréhensions ne pourraient être dissipées sans le préalable d’une solution à la crise politique et institutionnelle que traverse le pays.