En 2018, les demandes de visa Schengen déposées à travers 20 consulats européens en Algérie ont explosé. Le taux de refus a atteint 45,5% puisque le nombre de demandes traitées était de 713 255 et seuls 388 366 ont été accordées.

Selon les données publiées par la Commission européenne, sur un total de 713 255 demandes de visa formulées par des ressortissants algériens, 324 291 ont été rejetées par les différents consulats des Etats Schengen durant la seule année 2018. Ainsi, l’Algérie est le pays qui a enregistré l’un des plus grands nombres de refus de visa parmi l’ensemble des pays du monde. Les Algériens se classent au second rang des pays africains en terme de nombre de visas refusés, derrière le Nigeria. Ce sont, cependant, ceux qui déposent le plus grand nombre de demandes sur le continent. L’Algérie a enregistré, ainsi, une chute importante du nombre de visas accordés à ses ressortissants en 2018. Seuls 388 366 citoyens ont obtenu des visas européens en 2018 contre 413 976 en 2017. Le même rapport indique que le Maroc est le premier pays en nombre de visas délivrés en 2018, 528 639 pour 662 585 demandes, enregistrant ainsi un taux de refus de 18%. La Tunisie, quant à elle, s’est vue accorder 186 250 visas pour 234 452 demandes en 2018, essuyant un taux de refus de 18,2%. Le détail des données par consulat Schengen en Algérie donne une image des pays ayant le plus refusé les demandes de visas aux Algériens. Ainsi, Malte a refusé 86,8% des 3 717 demandes enregistrées en 2018, la Hongrie, du Premier ministre controversé Viktor Orban, 64,2% des 2 713 demandes enregistrées, la Grèce 62,2% des 2 692 demandes, alors que la Finlande a rejeté 67,9% des 1 307 demandes, l’Italie 39,1% des 23 464 demandes, la Belgique 35,9% des 6 901 demandes, l’Autriche 33,1% des 2 481 demandes, les Pays-Bas 59,5% des 5 861 demandes, tandis que l’Allemagne a refusé seulement 22,6% des 5 301 demandes, reçues par son unique consulat, à Alger. Les deux consulats d’Espagne, à Alger et Oran ont, quant à eux, respectivement, refusé 28,1% et 31,2% des 59 479 et 44 327 demandes formulées, la Pologne 41,6% des 2 611 demandes et le Portugal 30,8% des 2 513 demandes, alors que la Suisse a rejeté 35,9% des 3 923 demandes reçues, la République Tchèque 46% des 996 demandes, tandis que la Norvège a refusé 50,1% des 379 demandes de visas Schengen soumises à son consulat en 2018. Au total, 16 millions de demandes de visa Schengen ont été enregistrées à travers le monde, avec un taux de refus global de 9,6%.

Visas pour la France… le taux de refus avoisine les 50%
En 2018, les refus de visas français pour les Algériens ont explosé. Au niveau des trois consulats de France en Algérie (Alger, Oran et Annaba), le taux de refus a atteint 48%, puisque sur 570 000 demandes traitées en 2018 seules 297 000 ont abouti sur une délivrance de visa. Dans le détail, le consulat de France à Oran a refusé 52,2% des 139 835 demandes déposées, celui de Annaba a refusé 48,7% des 135 208 demandes, tandis que celui d’Alger a refusé 45,8% des demandes enregistrées en 2018. Dans ce contexte, le nombre de visas délivrés est passé de 413 000 en 2017 à 297 000 en 2018, soit 116 000 visas de moins.
Interrogé par Visas et Voyages Algérie, Xavier Driencourt, l’ambassadeur de France en Algérie, expliquera que les ressources financières du demandeur de visa pour la France sont un élément important dans l’étude du dossier conformément au code des visas Schengen. «Le fait de disposer de ressources suffisantes pour couvrir les frais de séjour et d’hébergement en France sont des conditions qui font partie des instructions du code des visas Schengen et qui sont déterminantes dans la décision de délivrer un visa», a-t-il indiqué. Il expliquera également que tout dossier incomplet est systématiquement rejeté, d’où l’importance de présenter un dossier complet et fiable pour ne pas compromettre ses chances : «Malheureusement, les dossiers déposés par les demandeurs sont trop souvent insuffisamment renseignés. Il est essentiel de présenter un dossier complet et fiable avec toutes les pièces requises. Tout dossier incomplet peut faire l’objet d’un refus de visa, quelle que soit la qualité du demandeur.»