Le procureur de la République a requis dimanche une peine de 10 ans d’emprisonnement à l’encontre de l’ancien directeur régional des Douanes à Annaba, Hamel Belkheïr, frère de l’ex-DGSN et homme fort du clan Bouteflika.
Le procès de Hamel Belkheïr et ses 16 complices présumés, dans l’affaire de l’importation de téléviseurs LED fabriqué en Chine et portant la motion «Made In Algeria», qui a duré une dizaine d’heures et s’est terminé vers 1h00 du matin.
Après avoir été auditionnés une première fois par le juge d’instruction, en janvier dernier, quatre accusés, à savoir l’importateur, le titulaire du registre de commerce, l’inspecteur principal aux opérations commerciales (IPOC) et le déclarant en douane avaient été placés en détention préventive, alors que d’autres, à l’image de Hamel Belkheïr, directeur régional des Douanes à Annaba à l’époque des faits, ainsi que le transitaire ont été placés sous contrôle judiciaire.
Des dizaines d’accusés et de témoins ont été auditionnés par le juge dans cette affaire qui remonte à janvier 2018, lorsqu’un importateur a tenté d’introduire 20 conteneurs refermant des téléviseurs LED fabriqués en Chine et portant la mention «fabriqué en Algérie». Le propriétaire de la marchandise A. DJ, domicilié à Constantine, avait déclaré qu’il s’agissait de pièces de rechange destinées à son usine d’électroménager. Un subterfuge utilisé pour pouvoir importer des marchandises interdites tout en bénéficiant des aides de l’Etat, et des avantages fiscaux liés à l’importation des pièces détachées considérées comme des intrants dans la production ou l’industrie du montage.
Les services de l’inspection divisionnaire des Douanes à Annaba ont découvert le pot aux roses, et bloqué ladite marchandise. La direction régionale des Douanes, représentée par le directeur régional de l’époque, qui n’est autre que le frère de l’ex-DGSN Abdelghani Hamel, serait, selon l’enquête menée par la gendarmerie, intervenu en donnant des instructions verbales pour «débloquer la situation». Mais la direction générale des Douanes algériennes a mis en échec cette opération.
Le même ex-directeur régional est actuellement impliqué, en compagnie de 16 autres personnes, dans une autre affaire en justice pour «transfert illicite de devises vers l’étranger» et «trafic de conteneurs de produits contrefaits». Hamel Belkheïr avait, dans cette affaire qui est toujours entre les mains de la Justice, été remis en liberté provisoire et interdit de quitter le territoire national.
Les délibérations se poursuivent encore, avons-nous appris de sources proches du dossier. Le verdict devrait être rendu le 23 juin. n