Trois figures de l’opposition qui avaient récemment été arrêtées après le brusque durcissement de la répression contre le mouvement de contestation au Soudan ont été libérées lundi, a annoncé la télévision d’Etat. Yasser Amran, chef-adjoint du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N), et deux autres membres de ce groupe, Ismaïl Jalab et Moubarak Ardoul, respectivement secrétaire général et porte-parole, ont été relâchés, a-t-il été indiqué sans plus de précision. M. Amran avait été arrêté à Khartoum le 5 juin par les services de sécurité, deux jours après la répression sanglante du sit-in tenu par la contestation devant le siège de l’armée dans la capitale. MM. Jalab et Ardoul avaient été interpellés à leur domicile le 8 juin, au lendemain d’une rencontre avec le Premier ministre éthiopien, qui s’était rendu au Soudan pour tenter une médiation entre les manifestants et le pouvoir militaire. A l’issue de cette rencontre avec le dirigeant éthiopien, le 7 juin, un autre leader de la contestation, Mohamed Esmat, a pour sa part été emmené par «des hommes armés» devant l’ambassade éthiopienne à Khartoum, selon des proches. Le SPLM-N, en conflit depuis 2011 avec le pouvoir central dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil Bleu, fait partie de l’ALC, un mouvement qui constitue le fer de lance de l’actuelle contestation. La libération de M. Amran était une des conditions préalables posées par les protestataires à une reprise de toute négociation avec les généraux au pouvoir. Née en décembre d’une colère contre le triplement du prix du pain, la contestation a rapidement pris un tournure politique. Après la destitution du président Omar el-Béchir par les militaires le 11 avril, les milliers de protestataires rassemblés devant le siège de l’armée à Khartoum ont refusé de lever le camp, réclamant un transfert immédiat du pouvoir aux civils. A la suite de l’échec des négociations entre les manifestants et le Conseil militaire de transition, ce sit-in a été dispersé dans le sang le 3 juin, et les leaders de la contestation ont appelé à un mouvement de désobéissance civile, qui a débuté ce dimanche.