L’Algérie prend part, aujourd’hui et demain, à Tunis, à la première « réunion de consultation internationale sur les Bancs de Skerki » en tant que signataire de la Convention de 2001 de l’Unesco relative à la « protection du patrimoine culturel subaquatique ».

Ce texte régit en effet la collaboration des Etats pour la préservation de l’ensemble du patrimoine culturel témoignant de l’activité humaine, situé en haute mer ou en zone contiguë, tout en donnant aux Etats membres un droit de « consultation » sur les politiques de gestion des vestiges découverts en « zone économique exclusive ou sur le plateau continental ».
Une première du genre pour le pays, qui permettra également, selon l’un des responsable du Centre national de recherches archéologiques (CNRA), de bénéficier des expériences d’homologues étrangers pour la poursuite du projet « prioritaire » de cartographie des sites de la côte algérienne.
L’Algérie sera représentée à Tunis par le directeur du CNRA, Toufik Hamoum, qui présentera notamment le rôle du Centre dans la prise en charge des sites historiques découverts dans les eaux territoriales algériennes. « Nous sommes signataires de la convention internationale de l’Unesco sur la protection du patrimoine subaquatique (…) Cette rencontre sera également l’occasion de présenter le travail que nous avons entamé sur le littoral algérien», nous précise le responsable contacté hier. Il est également souligné que l’objectif de la participation algérienne est de « partager les expériences, les recommandations et conseils (…) et cela pourra bien sûr être extrêmement bénéfique pour notre travail ici en Algérie ». Le responsable n’écartant pas la possibilité que des équipes algériennes se déplacent à l’avenir au niveau du site des « Bancs de Skerki », à mi-chemin entre la Tunisie et l’Italie, afin d’étudier les procédures et les techniques d’intervention de leurs homologues étrangers, « une idée qui pourrait être négociée durant la rencontre ». Rappelant que le travail en milieu subaquatique constitue un nouveau champ d’intervention pour le CNRA, une « mission d’urgence », qui devra aboutir à la cartographie de plus de 1 600 kilomètres de littoral. Le Centre, sous tutelle du ministère de la Culture, a officiellement mis en place, en septembre 2018, une division dédiée à la « recherche subaquatique », composée d’une douzaine de plongeurs, archéologues et étudiants doctorants. La nouvelle équipe, qui avait été formée lors du chantier de « prospection préventive » pour le projet du port de Hamdania (Cherchell), est aujourd’hui basée à Tipasa et équipée de petites embarcations, de sonars et de matériel de plongée permettant l’exploration des zones proches des côtes. La prochaine étape de sa mission étant programmée pour cet été 2019, « entre El Hamdania jusqu’à Cherchell, puis nous irons à Béjaïa et vers d’autres sites », nous avait annoncé le directeur du CNRA.n