La semaine consacrée aux 100 ans du cinéma japonais, à la Cinémathèque d’Alger, a débuté avant-hier par la projection de la fameuse œuvre « La forteresse cachée» (1958) du grand réalisateur Akira Kurusawa.

Le long-métrage débute avec la rencontre inopinée de Tahei et
Matashichi, deux soldats qui cherchent à fuir une ligne de front pour rentrer chez eux. L’histoire se déroule durant la période des guerres civiles du Japon du 16e siècle. Sur leur route, les deux hommes, incapables de combattre, découvrent une barre d’or cachée dans une branche. Ils comprennent rapidement que ce petit pactole n’est qu’une infime partie du trésor du clan Akizuki, vaincu par les Yamana. En se lançant à la recherche du reste du magot, les déserteurs croisent un mystérieux individu qui se met à les suivre. Ce dernier n’est autre que Makabe Rokurota, un samouraï chargé de veiller sur la fortune du clan Akizuki et sur la princesse Yuki. Devant se rendre à la même destination que les deux soldats, Rokurota et Yuki se lancent dans un périple hasardeux, au cours duquel ils doivent préserver la véritable identité de la princesse pour la protéger. Pour cette première projection, un public moyennement nombreux était présent pour suivre cette aventure palpitante qui, à travers un microcosme de la société japonaise au 16e siècle, nous fait connaître ses nobles valeurs ancestrales, mais également ses travers et les luttes intestines.
«Faire connaitre le cinéma de l’autre»
En marge de la projection, le directeur de la Cinémathèque algérienne, Salim Aggar, nous dira que «cette initiative a été lancée au début de l’année, parce que le cinéma japonais a quand même plus de 100 ans. Il est né entre 1918 et 1920. Nous avons d’ailleurs reçu un livre de la Cinémathèque japonaise, qui parle de ces 100 ans. Cela nous a donné une idée sur le parcours de ce cinéma et,  aussi, encouragés à faire la promotion du film japonais, qui est en vérité déjà connu». «Nous avons programmé tout au long de cette semaine, une dizaine de films.  Le cinéma japonais comporte plus d’une centaine de films célèbres. Le Japon est un grand producteur cinématographique et cela nous a donné un large choix», indiquera-t-il. Salim Aggar nous révélera, à propos de la sélection des films projetés à l’occasion de cette célébration, que «nous avons décidé de commencer avec le cycle, comportant les quatre premiers films, consacré au réalisateur Akira Kurusawa, qui est l’un des plus grands cinéastes japonais. Le film d’ouverture est un grand film du cinéma japonais, mais qui, en vérité, n’est pas très connu du public algérien et cela a été l’occasion de le faire connaître». Il souligne que «le rôle de la Cinémathèque est de faire connaître le cinéma de l’autre. Avec ce cycle, nous avons choisi de projeter des films anciens comme «La forteresse cachée» qui a inspiré la grande saga américaine «Star Wars», qui va être une grande découverte pour le public algérien». Le directeur de la cinémathèque algérien poursuit : «Nous allons faire un clin d’œil au cinéma actuel avec les films de Takeshi Kitano, ensuite avec les films d’animation japonais qui sont très célèbres dans le monde, dont le réalisateur le plus connu est Hayao Miyazak ». Il ajoutera que « le dernier jour nous avons deux films de la guerre de 1945. Cela reste juste une première partie, nous allons reprendre ce cycle lors de la troisième semaine du mois de juin, en projetant de nouveaux films.
Nous allons aussi poursuivre cet hommage au cinéma japonais en faisant une tournée dans d’autres willayas, telles que Béjaïa au mois de juillet prochain et à Tizi Ouzou le mois d’août et ensuite avec Annaba et Tlemcen». A propos de l’initiative de l’organisation de la rétrospective du cinéma japonais, notre interlocuteur estime que «notre mission est d’organiser des cycles pour chaque pays, nous avons un répertoire et des films». «Maintenant, si l’ambassade nous sollicite pour une coopération, je ne dirai pas non. D’ailleurs, la semaine prochaine nous avons la semaine du cinéma italo-français. Cela sera en coopération avec les instituts français et italien» confiera le directeur de la cinémathèque. 
Vers une semaine
du manga japonais
Pour le responsable de la Cinémathèque, les Algériens portent un grand intérêt au cinéma japonais : «les Algériens adorent le cinéma japonais, entre autres les films d’action et d’animation, comme les mangas qui connaissent un grand succès en Algérie. D’ailleurs nous pensons même à organiser la semaine du manga japonais, car il y a beaucoup de films connus. Le manga n’est pas destiné seulement aux enfants, mais également aux adultes, il est porteur de messages. Par exemple les films «Princesse Mononoké»  et «Le Voyage de Chihiro», que nous allons projeter, ont remporté un succès extraordinaire au Japon,  ils ont attiré  plus de 23 millions de spectateurs, c’est énorme.».n