Le Front des forces socialistes (FFS) dit non à l’appel au dialogue relancé par le chef de l’Etat intérimaire Abdelkader Bensalah, dans son discours à la nation, le 6 juin dernier, dénonçant « l’absence de volonté politique » de la part du pouvoir d’aller vers le règlement de la crise. Une volonté qui devait se traduire, estime le plus vieux parti de l’opposition dans un communiqué de son secrétariat national, « par des mesures de détente et d’apaisement telles le départ du système et de ses représentants, la libération de tous les détenus d’opinion, l’ouverture des champs politique et médiatique, ainsi que d’autres mesures énoncées dans notre initiative politique pour l’avènement de la deuxième République ». De ce fait, le FFS réitère « son refus » de participer à ce qu’il qualifie de « pseudo dialogue proposé et contrôlé par le système ».
Commentant le discours du chef de l’Etat, il précisera que c’est « sans surprise », qu’il « a maintenu et réitéré les orientations stratégiques du pouvoir réel incarné par le chef d’état-major de l’Armée ». « En effet, il vient de rappeler l’attachement opiniâtre de ce pouvoir réel à la voie constitutionnelle, pourtant dépassée par les délais et les événements et maintes fois décriée et rejetée par le peuple algérien », dénonce le FFS pour qui, « le maintien de l’élection présidentielle comme unique option politique du régime en place, assorti d’un pseudo dialogue à sens unique, ne feront que dissuader ceux qui se sont empressés de saluer ou de croire à l’offre de dialogue d’un pouvoir autoritaire ».
Conférence de concertation :
le travail se poursuit
Plus que ça, le FFS pense que l’entêtement du pouvoir « encouragera le peuple algérien à poursuivre son combat pacifique jusqu’au départ définitif du régime autoritaire et liberticide, de ses symboles illégitimes et la disqualification de ses relais ». Le parti dit, par contre, croire à « un vrai dialogue inclusif et responsable qui permettra au peuple algérien de consacrer la légitimité populaire et la construction d’un Etat de droit ». C’est pourquoi, il continue, d’ailleurs, sa série de rencontres dans l’objectif d’arriver à tenir une conférence nationale de concertation, devant aboutir à « un pacte politique consensuel répondant aux aspirations de notre peuple ». « Le travail se poursuit », écrit le FFS, dont la direction a déjà rencontré plusieurs personnalités dont Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour, Mustapha Bouchachi, Zoubida Assoul, Lakhdar Bourgâa, Nacer Djabi, Nouredine Bouderba, outre des syndicats et des associations. Des démarches visant la tenue d’une conférence de concertation « sans préalables » et « dans des délais raisonnables », avait-il indiqué précédemment.
Ne ménageant pas le pouvoir sur sa nouvelle proposition de sortie de crise, le FFS estime que ce dernier « ne se soucie que de sa propre longévité » et « ne cherche qu’à gagner du temps en espérant l’essoufflement du mouvement citoyen ». « Le pouvoir, désemparé par la forte détermination du peuple algérien et sa mobilisation permanente, pacifique et unitaire, veut imposer le statu quo, à défaut de pouvoir astreindre les Algériennes et les Algériens à accepter un autre coup de force électoral », s’insurge le plus vieux parti de l’opposition, non sans incomber la responsabilité au même pouvoir d’avoir fait perdre à l’Algérie beaucoup de temps. Car, a-t-il expliqué, des solutions politiques de sortie de crise « existent » pour un changement pacifique du système, « mais se heurtent à l’absence de volonté politique du régime », constate le parti.
Mettant en garde ceux qu’il désigne par « les décideurs de ce pays » contre les retombées « néfastes » de leur entêtement face à la volonté populaire, le FFS interpelle l’état-major de l’armée, qui représente à ses yeux « le pouvoir réel », l’invitant « à prendre ses responsabilités historiques face à tout dérapage pouvant mettre en péril l’unité du peuple et la stabilité du pays », dans un contexte régional « instable et menaçant ». n