Ni le tube du Hirak «Khawa-Khawa» ni la fête de l’Aïd, et toute sa portée humaine, n’ont pu venir à bout de l’appétit vorace des «parkingueurs». Bien au contraire, ces derniers étaient en force le week-end à squatter la moindre parcelle aux abords des plages de la capitale, et à s’octroyer le droit de faire payer aux automobilistes une place de stationnement, qui s’exposent aux intimidations, voire aux agressions dans certains cas.

Autrement dit, les habitudes à l’entrée des plages n’ont pas changé et cette entame de saison estivale est en train de le confirmer, avec des parkings anarchiques qui reprennent les terrains abandonnés en basse saison. Les squatteurs se sont donné rendez-vous sur les plages où ils ont délimité leur territoire et acculé les estivants dans des retranchements les empêchant d’installer leurs parasols et chaises longues… Tout se loue sur place et ceux qui osent remettre en cause le diktat s’exposent à des représailles.
La situation se renouvelle à chaque saison estivale, les autorités se contentant de rappeler, sans pour autant convaincre, que l’accès aux plages du pays est gratuit. Or, pour la seule capitale, il est aisé de constater que rien n’a été fait cette année pour que l’accès des plages payant soit réellement banni. Pire ces lieux de grande affluence durant l’été, en majorité, se trouvent à l’abandon et échappent au contrôle de l’Etat.

« 100 DA, ce n’est rien ! »
A Aïn Taya, à l’est d’Alger, au parking donnant accès à la plage Jean-Bart, on est loin de l’époque où les 50 DA payés pour une place de stationnement paraissaient excessifs. «Non, ce n’est pas un droit d’accès à la plage, mais un droit de stationnement… », lance un parkingueur à l’adresse d’un groupe de jeunes venus passer l’après-midi oublier les tracas d’un quotidien harcelant. «Si vous ne voulez pas payer, vous n’avez qu’à venir sans voiture. Je ne vous oblige pas à payer ou à venir en voiture… », rétorque le propriétaire autoproclamé des lieux, avant de réclamer 100 dinars pour une place de stationnement. Une somme «dérisoire», considère-t-il.
Il faut savoir que même lorsqu’ils opèrent avec une autorisation délivrée par l’APC, certains gardiens de parking n’hésitent pas à faire monter les enchères et à réclamer 100 DA, voire 200 DA pour la place, alors que le cahier des charges la fixe à 50 DA. La situation est malheureusement la même au niveau de toutes les plages qui sont gérées, tels des espaces privés, par des jeunes qui se comportent en maîtres des lieux.

Laxisme…
Le laxisme à l’égard des agresseurs devient incompréhensible. Les engagements des autorités quant à l’éradication de ce fléau n’ont jamais été suivis d’effet, ce qui encourage «les voyous» qui profitent du laisser-aller et du laisser-faire. Ni le «plan bleu» ou encore le «plan azur» ne semblent être assez efficaces pour assurer la sécurité des estivants. On a tous en mémoire le crime commis l’année dernière à la plage de Lotta, à Souk el Tenine, par des parkingueurs contre un estivant originaire du Sud, qui avait refusé de payer 200 DA pour une place de stationnement. Un autre estivant connaîtra le même sort à Béjaïa.
La liste des citoyens violentés et agressés par des voyous, qui font la loi sans être réellement inquiétés, s’allonge d’année en année. Et elle risque de s’allonger encore plus cet été, si les autorités ne réagissent pas avec fermeté et ne ripostent pas à la dimension du fléau et de sa gravité.