La crise politique et institutionnelle que traverse le pays depuis l’irruption du mouvement populaire le 22 février exigeant le changement du système se corse à mesure que les semaines et les mois passent. L’impasse est plus que jamais là. Paradoxalement, les signes d’une solution de crise ne sont pas encore là, alors que les intentions de dialogue et de concertation émanent quasiment de toute part. A l’évidence, le pouvoir politique, les partis, la société civile et les animateurs du Hirak s’accordent sur la nécessité et l’impératif d’amorcer un processus de dialogue de nature à mettre fin à une crise qui est à son quatrième mois. Les avis des uns et des autres restent cependant des professions de foi ! Les nouveaux éléments enregistrés depuis jeudi n’augurent pas, hélas, de l’évolution qu’aurait souhaitée l’ensemble des Algériens. Bien au contraire, dans la mesure où la réponse apportée par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, à l’occasion de la fête de l’Aïd, n’a pas été à la hauteur des attentes citoyennes.
Le maintien de la feuille de route du pouvoir politique et celui du personnel en place n’a fait qu’exacerber la situation et perdurer la crise au moment où les observateurs s’attendaient à des gestes de bonne volonté. A cet attachement du premier magistrat du pays à l’organisation de la présidentielle dans des « délais acceptables » est venue se greffer l’opposition réaffirmée de l’institution militaire à une période de transition au moment où de nombreuses voix parmi l’opposition politique jugent « inéluctable » le passage par cette période de transition.
De quoi, au final, conclure à deux voies parallèles entre celle du pouvoir politique et celle du mouvement populaire qui aura prouvé une nouvelle fois sa capacité de mobilisation qui ne fléchit pas.
D’aucuns espèrent que cette impasse trouve son dénouement dans un avenir proche dans le sens où sa persistance risque d’ouvrir la voie à des aventures dont le pays peut aisément s’en passer.
En un mot comme en mille, la solution ne saurait se construire sans le dialogue qui ne peut, lui, être amorcé sans une véritable volonté politique des différents acteurs de la crise.