L’organe central de l’ANP, la revue « El Djeïch», a de nouveau explicité la position du commandement de l’Armée face à la crise politique actuelle dans le pays et les moyens d’en sortir. Dans son éditorial, ce périodique présente la tenue d’une élection présidentielle comme la meilleure, voire la seule, voie permettant à l’Algérie de dépasser la situation actuelle de blocage politique et institutionnelle. Il considère, en revanche, que tout autre choix que celui d’un scrutin devant élire un nouveau président de la République ne constituerait en aucun cas une alternative viable.

A bien lire cet éditorial, son énonciation résonne comme un nouvel et ferme appui au dernier discours du président de l’Etat Abdelkader Bensalah et à son nouvel appel à un «dialogue» autour de la seule question des conditions de préparation et d’organisation d’un vote présidentiel. Sa singularité, par rapport à l’intervention de M. Bensalah, jeudi dernier, est dans son caractère de mise en garde contre les effets d’une « situation plus difficile à maîtriser ». Elle est dans sa façon à qualifier la transition revendiquée par le Hirak et les courants d’opposition comme une «voie dangereuse».
Pour El Djeïch, qui cite le «Haut-commandement de l’ANP», «l’intérêt de la Nation est d’opter pour la voie du dialogue sérieux, fructueux et constructif et d’aller, dans les plus brefs délais, vers la recherche de solutions adéquates à même d’éviter à notre pays de verser dans des futilités qui rendraient la situation encore plus complexe et couperaient définitivement la voie à la période de transition qui ne pourrait que conduire à une situation encore plus difficile à maîtriser ».
L’organe central de l’ANP précise qu’« il importe d’entourer les dispositions» relatives à l’organisation de l’élection présidentielle «par des instruments constitutionnels adéquats que sont la Constitution et l’installation de l’instance indépendante chargée de l’organisation et de la supervision » du scrutin. Il indique que l’état-major de l’Armée reste résolument attaché à la solution des urnes « qui éviterait à notre pays de se retrouver dans une impasse ». Et de souligner que « la position de notre institution (l’ANP ndlr) est que la solution à la crise passe impérativement par l’option de la légitimité constitutionnelle qui permettra au peuple l’exercice de son droit à élire le président de la République dans les plus brefs délais ». Pour ce faire, « convier à la table du dialogue des personnalités nationales et des élites sincères et fidèles à la patrie, afin de trouver une issue favorable qui satisfasse l’ensemble, découle de la conviction de l’institution, de son souci de veiller à la continuité de l’Etat et de son attachement aux engagements qu’elle a exprimés, en de maintes occasions, d’accompagner le peuple algérien et les institutions de l’Etat et de faire échec à tous les scénarios aux néfastes desseins ».
Sans la présidentielle comme ordre du jour, tout est « perte de temps »
La revue El Djeïch, qui considère que les médias sont un enjeu stratégique pour faire valoir le choix de la présidentielle comme le meilleur, dénonce « les intentions malveillantes et les plans diaboliques, les dépassements outranciers et dangereux de certaines parties qui, suivant la logique des bandes, cherchent à abuser l’opinion publique (…) à travers l’utilisation immorale des médias, qu’il s’agisse de journaux ou de supports audiovisuels, pour construire des scénarios farfelus et distiller des mensonges venimeux, des informations erronées ou falsifiées, n’ont d’autre but que de voir la situation perdurer, voire s’aggraver». «L’information se doit d’être le miroir qui reflète les revendications réelles du peuple algérien et sa voix sincère qui relate les vérités et communique ses revendications, sans déformation ni falsification et sans instrumentalisation à des fins autres que les intérêts du pays, car les intérêts matériels ne peuvent en aucun cas se substituer à la nation, puisqu’ils finiront par disparaître, tandis que l’Algérie demeure», poursuit El Djeïch. Il rappelle que «seul le dialogue est à même d’ouvrir la voie à une issue légale et constitutionnelle, garantissant l’organisation de l’élection présidentielle le plus rapidement possible, tant il est vrai que les discussions stériles et infructueuses ne sont que perte de temps et d’occasions pour l’ouverture d’un dialogue véritable et sincère, fait de concessions réciproques, qui rapprocherait les points de vue au service de l’intérêt suprême du pays et la satisfaction des revendications exprimées par le peuple».n