Evénement organisé, du 12 au 16 juin prochain, par la Fédération tunisienne des cinéclubs (FTCC), la première édition du Festival «Cinéma Vert» sera accueillie par la ville de Redeyef, bassin minier et «ville du phosphate» du centre-ouest du pays, qui avait notamment été le théâtre, dès 2008, des premiers mouvements populaires de la révolution tunisienne.

Cette rencontre internationale traitant exclusivement «du thème de l’environnement», tout en veillant, explique les organisateurs, à «nourrir le débat public, établir le dialogue inter-communautés et amener le cinéma là où il n’existe pas», en programmant la diffusion de pas mois de 17 films « méditatifs ou engagés» longs ou courts métrages, issus de onze pays, dont l’Algérie, représentée, selon le programme mis en avant par le FTCC, au travers du film court algéro-espagnol «Laâtach» de la réalisatrice Elena Molina.
Le festival, dont le coup d’envoi sera donné le mercredi 12 juin à 18H à la maison de la culture Youssef-Ben Mohamed, avec la projection des films «Potable», du réalisateur tunisien Ali Kaddech, suivi de «Thirsty Tunisians » de sa concitoyenne Ridha Tlili.
La question de l’accès des populations à l’eau potable est au centre de la programmation du festival, avec notamment le film d’Elena Molina, diffusé pour sa part le jeudi 13 juin, revenant sur le quotidien des refugiés saharaouis à Tindouf. La réalisatrice, s’attardant plus spécialement sur le rôle des femmes sahraouies, que près de quatre décennies d’exil ont contraint, plus encore que le désert, à veiller à l’usage et la distribution de chaque litre d’eau «selon les besoins de chaque famille».
Le Festival dédié au cinéma écologique sera, par ailleurs, l’occasion d’aborder la question de la préservation des mers, avec entre autre le film «Méditerranée, notre mer à tous» de Michael Pitiot et Yann-Arthus-Bertrand, ou encore de la problématique de la prolifération des cultures génétiquement modifiées à travers le film canadien « Modified » de la cinéaste Aube Giroux.
Le choix de la ville de Redeyef n’est également par «anodin» et constitue à lui seul un symbole de l’urgence des questions environnementales. La région, qui produit plus de 400 000 tonnes de phosphate par an, souffrant elle-même de fréquentes pénuries d’eau amplement illustrées par la presse tunisienne. Les organisateurs du festival ajoutent à ce titre que leur choix du bassin minier « s’explique par le fait que cette région est l’une des plus touchées par les problèmes environnementaux depuis la découverte des couches de phosphate de calcium à Djebel Thelja en 1885».
Evénement s’inscrivant ainsi entre la culture et l’actualité, entre les problématiques socio-économiques et les enjeux d’avenir, les responsables de la Fédération tunisienne des cinéclubs ajoutent dès à présent qu’ils espèrent inscrire cette manifestation dans la durée. «Nous aspirons à faire de ce festival un lieu de rencontre, d’échange, d’apprentissage», en veillant à se démarquer au travers d’une «conception thématique novatrice» à la fois dédiée à la culture, au cinéma mais surtout à l’éducation.n