Quatrième rencontre, aujourd’hui, de plusieurs organisations de la société civile, initiatrices de différentes initiatives, en vue de préparer la conférence nationale de la société civile, prévue le 15 juin prochain.

Initiées par le collectif de la société civile algérienne pour une transition démocratique et pacifique, le Forum civil pour le changement et la Confédération des syndicats algériens, ces séries de rencontres ont permis au fil des semaines aux différents participants de peaufiner quelques propositions pour une éventuelle sortie de crise. Aujourd’hui, ils auront pour mission de finaliser une feuille de route commune, a indiqué Boualem Amoura, président du Syndicat algérien des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). «Il s’agit de notre quatrième rencontre avec les différents acteurs de la société civile. Les propositions sont faites, mais nous avons constaté quelques divergences d’opinions autour de deux options. Pour la première option, il y a une partie qui est pour la démission du président du Conseil constitutionnel et son remplacement par une personnalité nationale consensuelle. Cette personnalité prendra par la suite la place de Bensalah et se chargera de conduire la période de transition en installant un gouvernement de transition et une commission nationale indépendante pour l’organisation et la surveillance de l’élection présidentielle. La seconde option est pour le départ de l’ensemble des acteurs du système actuel et l’installation d’un présidium composé de trois ou quatre personnalités nationales consensuelles qui aura la même mission. Le problème est dans la constituante. Il y a une partie qui pense que nous devons aller vers une constituante et une autre qui est contre», a expliqué le syndicaliste. De son côté, Abderrahmane Arrar, président du réseau NADA, a indiqué que «la solution à la crise que vit le pays passe par un Conseil présidentiel consensuel ou par une personnalité nationale consensuelle, pour gérer la période de transition», soulignant que «la solution doit être politique et non constitutionnelle», sans écarter la possibilité «de parvenir à une solution tirée de la Constitution si le dialogue le préconise». Pour ce qui est du dernier discours du chef de l’Etat, le président du Satef a estimé qu’il «a mis à nu l’incapacité du gouvernement actuel» à sortir de la crise. «Ce qu’il faut comprendre et retenir, c’est que la balle est dans le camp de la société civile qui doit faire jouer sa force de proposition. Nous avons déjà perdu quatre mois, mais il n’est pas trop tard, bien au contraire, nous nous devons de saisir cette opportunité pour construire une Algérie nouvelle à l’image de son peuple», a souligné Boualem Ammoura. Quant au dialogue auquel le chef de l’état-major Ahmed Gaïd Salah a appelé, le syndicaliste, à l’instar de ses confrères, a indiqué qu’il ne peut y avoir un dialogue serein et responsable dans le climat actuel. «Nous faisons face à une situation inédite où le peuple rejette tous les acteurs du système les considérant comme illégitimes.
Nous ne pouvons aller contre sa volonté et engager un dialogue déjà voué à l’échec. Nous sommes ouverts au dialogue mais nous avons des conditions qui doivent être respectées par l’autre partie, dont le départ de l’ensemble des walis et du gouvernement.
L’armée, pour sa part, devrait jouer le rôle de garant du bon déroulement du dialogue et de la période de transition et rester loin de la scène politique. Elle s’est assez ingérée dans la politique depuis 1962, maintenant, Basta !», a déclaré M. Ammoura. Pour sa part, Abderrahmane Arar a indiqué que l’objectif de cette conférence nationale est l’ouverture «d’un dialogue direct avec l’institution militaire, en premier lieu, à condition que les politiciens poursuivent ce dialogue pour un retour à la légitimité, à travers l’organisation d’une élection libre et transparente». Il prévoit «une réponse positive de la part du commandement de l’armée» concernant cette demande. Prévue samedi prochain, la conférence nationale de la société civile verra la participation de pas moins de 500 personnes représentant près de 40 syndicats, associations et organisations nationales. Les initiateurs de cette conférence ont indiqué que «les portes seront ouvertes à tous les acteurs politiques et représentants de la société civile, à condition que ces partis, syndicats et associations n’aient pas participé à la gestion des affaires du pays avec l’ancien système».<