Décidément, la violence dans les salles omnisports n’est pas près d’être éradiquée. Une fois de plus, ce fléau vient de réapparaître à la coupole du Complexe olympique Mohamed Boudiaf (Alger) lors de la finale avant-hier soir, de la Coupe d’Algérie de basket-ball obligeant les arbitres d’interrompre la partie entre l’USM Blida et le GS Pétroliers.

C’est la deuxième fois en l’espace d’un mois qu’un match de basket-ball n’est pas allé à son terme à cause des violences dans les tribunes. La demi-finale du Championnat d’Algérie, Nationale 1 messieurs entre Le WA Boufarik et le NB Staouéli, avait été arrêtée pour les mêmes raisons. Cette fois-ci, des énergumènes, pseudo-supporters, n’ont rien trouvé de mieux à faire que de créer des échauffourées entre eux. Et ce, dès le début de la rencontre tout en abusant de fumigènes et de jets de projectiles sur le terrain.
La rencontre a bien débuté avec un petit avantage aux joueurs de l’USM Blida qui disputent leur première finale de leur histoire face à la très expérimentée équipe du GS Pétroliers. Il ne restait plus que 4 minutes de jeu pour premier quart temps et les Blidéens menaient au score (15 à 11), soit un très léger avantage. Un temps mort est demandé. C’est durant celui-ci et c’est durant celui-ci que des échauffourées ont éclaté entre les pseudo-supporters des deux équipes. Des fumigènes sont lancés et des projectiles fusent sur le terrain de la part des pseudo-fans du GSP. Ces énergumènes s’en sont pris par la suite à la galerie adverse pour y provoquer une bagarre d’une rare violence. Celle-ci a duré une dizaine de minutes créant un mouvement de panique. Notamment dans la tribune réservée aux familles.
L’intervention du service d’ordre a quelque peu tardé. Devant cette attitude négative des pseudo-supporters dans les tribunes, les arbitres de la rencontre ont décidé d’un commun accord d’arrêter la partie pour préserver la sécurité aussi bien des joueurs et officiels que celle des supporters.

Les explications du commissaire au match
Juste après l’arrêt de la partie, le commissaire de match, Nachid Messaouidi, a déclaré que «la situation de violence a été telle que cette finale ne pouvait aller à son terme. Il y allait de la sécurité des présents. »
Le même responsable de la Fédération algérienne de basket-ball (FABB) a tenu à expliquer que «Normalement la finale doit aller à son terme. Mais comme le match a été interrompu plus de 30 minutes et comme nous sommes en pleine soirée de Ramadhan, le temps n’aurait pas suffi pour finir la rencontre avant la prière de l’aube ». Et c’est ainsi que «Les trois arbitres du match, ont décidé d’un commun accord d’interrompre cette finale suite aux jets de projectiles sur le terrain mettant en danger la sécurité des joueurs », a-t-il précisé.
Pour la suite à donner à cette arrêt de la partie, le commissaire au match, indique qu’ « il faut attendre les rapports des arbitres et officiels qui doivent être transmis à la commission d’arbitrage de la Fédération algérienne de basket-ball (FABB). Et c’est celle-ci qui doit statuer sur les décisions à prendre suivant la réglementation en vigueur et la nouvelle date de la finale.»
De leur côté les staffs techniques des deux finalistes ont déploré cette situation qui ternit, une fois de plus, l’image de la balle orange dans notre pays. L’entraineur du GS Pétroliers, Sofiane Boulahya, fait remarquer que « C’est la troisième fois cette saison qu’un match de basket est interrompu à cause de la violence dans les tribunes » avant d’ajouter que « Les organisateurs de cette finale doivent assumer leur responsabilité.»
Quant au coach de l’USM Blida, Nesreddine Zedam, il a estimé que « Les premières victimes de cette violence sont les joueurs des deux équipes et le basket-ball qui sont pris en otage par une poignée de supporters, qui n’ont rien à voir avec notre discipline. C’est malheureux de vivre ces scènes dans nos salles pendant le mois de Ramadhan.» Préoccupant !