Les accusations sont graves. Les sanctions risquent de l’être aussi. Cela pourrait aller jusqu’à la suspension de la Fédération algérienne de football (FAF) et, par conséquent, l’équipe nationale de toutes activité et compétition. L’enregistrement et le témoignage, qui fait état d’une disposition à la corruption de Chérif Mellal, président de la JS Kabylie, à l’encontre de son homologue du CS Constantine, Tarek Arama, pousseraient la Fifa à sévir et… punir.

«J’ai des enregistrements de ce que j’avance», c’étaient les mots de Chérif Mellal pour prouver que Tarek Arama a, bel et bien, parlé avec lui en demandant une prime de motivation. Une somme de 2.5 milliards de centimes a été réclamée pour battre l’USM Alger lors de la dernière journée de Ligue 1 Mobilis et «offrir» le titre aux «Canaris».
Le chairman de la JSK est passé à l’acte mercredi dernier en dévoilant un premier sonore accablant pour le boss constantinois pour l’embarquer avec lui dans ce qui est considéré comme comportement illicite. En effet, le règlement des championnats de football professionnel 2018/2019, dans son article 119, stipule qu’il «est considérée comme tentative d’influencer le résultat d’une rencontre, toute proposition de motivation d’une équipe par une personne étrangère au club et ce quel que soit le moyen utilisé. La personne incriminée ainsi que son club encourent les sanctions prévues par les dispositions du code disciplinaire.» Cette démarche est à mettre dans le registre pression et intimidation. Un écart passible d’une peine pouvant aller jusqu’à la «radiation à vie». Mais pas que…

L’œil de la Fifa
Cette polémique, dans laquelle Arama a laissé croire que l’USM Alger l’avait approché pour arranger le match dans le premier enregistrement, risque de ne pas passer sans causer de véritables dégâts. Surtout si Mellal continue son déballage. Lui qui a certifié avoir d’autres preuves sur l’implication des Usmistes dans la manipulation du résultat de la rencontre au Stade Hamlaoui. Le successeur de Mohand-Chérif Hannachi a même assuré avoir une vidéo dans laquelle deux représentants des clubs s’étaient retrouves à Khroub.
Des preuves compromettantes pour un football algérien déjà pointé du doigt par un dossier embarrassant réalisé par la «BBC Arabic» en septembre dernier. Un rapport qui faisait état de pratiques louches au sein de la balle ronde nationale. Il a dû mettre la puce à l’oreille du côté de la Fifa. L’instance mondiale risque de s’y mêler directement dans le cas où cette polémique de fin de saison enfle plus.
Le code disciplinaire de la structure dirigée par Gianni Infantino est claire : «dans le cas d’une illicite prise d’influence sur le résultat d’un match comme précisé à l’alinéa 1 du présent article, le club ou l’association dont dépend le joueur ou l’officiel qui s’est rendu coupable de l’infraction peut se voir infliger une amende. Dans les cas graves, la sanction peut aller jusqu’à l’exclusion de la compétition, la rétrogradation, le retrait de points ou encore la restitution des prix.»
Vous l’auriez sans doute compris, si l’association (FAF) est touchée, la sélection le sera aussi. Et la suspension de la Fifa est immédiate. Ainsi, une enquête accélérée pourrait rattraper les «Verts» sur le fil en Egypte où ils devront jouer la Coupe d’Afrique des nations 2019 (21 juin – 19 juillet). L’aventure africaine est susceptible de s’arrêter net. C’est pour dire que cette affaire n’est pas à prendre à la légère.